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La rééducation orthophonique ne peut être qu'adaptative. Le diagnostic de dysphasie ne peut s'affirmer que sur des données évolutives. On parle de trouble  ...

LA DYSPHASIE: qu’est ce que c’est?

Emmanuelle MONTOLOY-RASCLE Orthophoniste, coordonnatrice au Réseau DYS-42

 Définition: « Déficit durable des performances verbales, significatif en regard des normes établies pour l’âge » (Rapin et Allen, 1983, Woods 1985)

Déficit durable:   

Persiste tout au long du développement La rééducation orthophonique ne peut être qu’adaptative Le diagnostic de dysphasie ne peut s’affirmer que sur des données évolutives

On parle de trouble structurel du langage et non de retard.



Trouble structurel:



C’est le cadre linguistique qui est atteint d’où la permanence du déficit. Dans un retard simple, c’est le contenu qui est touché et peut s’améliorer grâce à une optimisation des conditions de stimulations.



Hétérogénéité des performances linguistiques: les déficits n’atteignent que certains domaines du langage.

Déficit significatif des performances verbales: Ce n’est pas qu’un simple retard et l’écart des performances ne relève pas des variations interindividuelles. Le bilan orthophonique a besoin de s’appuyer sur des données normatives. L’écart

devenant pathologique à partir de -2 ET/norme Déficit non homogène: - marqueurs de déviance - différents types de dysphasie

Le diagnostic se fait par exclusion:     



Déficit auditif Malformation des organes phonatoires Trouble du spectre autistique Insuffisance intellectuelle Lésion cérébrale acquise au cours de l’enfance: TC, tumeur cérébrale, encéphalite… Carences graves affectives ou éducatives

LES MARQUEURS DE DEVIANCE (critères positifs de la dysphasie)  Troubles

de l’évocation lexicale  Troubles de l’encodage syntaxique (flexions verbales, mots fonction)  Trouble de la compréhension verbale  Hypospontanéité verbale  Trouble de l’informativité  Dissociation automatico-volontaire

5 GRANDS TYPES DE DYSPHASIE

Dysphasies de production:  Dysphasie

phonologico-syntaxique  Dysphasie de production phonologique  Dysphasie mnésique ou lexicalesyntaxique  Dysphasie sémantico-pragmatique Dysphasie de réception  Dysphasie

réceptive

DYSPHASIE PHONOLOGICO-SYNTAXIQUE C’est la plus fréquente, atteinte sur le versant expressif (la compréhension est toujours supérieure mais peut être atteinte) Réduction verbale: hypospontanéité, « je sais pas »  Un trouble phonologique: mots inintelligibles (complexifications) ce qui entraîne la réduction verbale  Dissociation automatico-volontaire (spontané/ dirigé)  Trouble de l’encodage syntaxique  Réduction lexicale importante  Troubles praxiques orofaciaux  Compréhension peu perturbée  Bonne pragmatique du langage: utilisation de la mimique gestuelle ou faciale pour compenser 

DYSPHASIE DE PRODUCTION PHONOLOGIQUE Manque du mot : conduites d’approche ou « évitements »  Troubles praxiques orofaciaux possibles  Bonne compréhension  Langage informatif  Trouble de la séquentialité  Pas de réduction :fluence +  Défaut d’intelligibilité : trouble phonologique aggravé par la répétition  Trouble de l’encodage syntaxique 

DYSPHASIE LEXICALE-SYNTAXIQUE Pas d’hypospontanéité  Pas de troubles orofaciaux  Pas de troubles phonologiques  Difficultés mnésiques (fonction de rappel)  difficultés à fixer les apprentissages  Manque du mot +++: ces enfants sont en permanence à la recherche de leurs mots et de la structure de leurs phrases  Trouble de la compréhension possible en fonction de la longueur de l’énoncé  Impact important sur l’informativité 

DYSPHASIE SEMANTICO-PRAGMATIQUE En surface et en spontané, le trouble peut passer inaperçu car il ne touche pas les aspects formels du développement phonologique et syntaxique. Le langage peut faire illusion. Mais lorsque l’enfant doit parler dans un but précis, on a:  Utilisation plaqué du langage  Manque de cohérence dans le discours  persévérations  Trouble de l’informativité  Trouble majeur de la pragmatique: adapter la production linguistique au contexte de conversation.  La personne n’a pas conscience de ses troubles.

Kyllian (6ans): Exercice de métaphonologie: - E: « qu’est-ce qu’on entend en dernier? » -K: « der-niè-re-sy-llabe »! Jeu de cartes: - E: « A toi! » - K: « non je l’ai pas » - E: « A toi de demander …» - K: « Pioche! » Jeu de parcours et il prend de l’avance sur moi (7ans ½) - « je pars à la rescousse! » Il trace un trait et dérape: - « je suis tombé en panache !»

Geber (5ans): - E: « comment on sait qu’on a gagné? » - G: « on a gagné on met sa veste !» - E: « pourquoi on coupe les cheveux? » - G: « parce qu’ils sont trop sales! » « il va dans la piscine » ( pour dire il marche dans un flaque d’eau) Jeu de 7 familles: -E: « c’est la famille des … » (fantômes) - G: « dizaines! » - E: « dans la famille des fantômes, je voudrais… » - G: « le lapin! »

DYSPHASIE RECEPTIVE Difficultés principalement au niveau du décodage Trouble d’identification des bruits familiers - Troubles phonologiques - Trouble de la compréhension ++ - Trouble de l’encodage syntaxique - Trouble d’évocation lexicale (dirigée et spontanée) - Langage peu informatif

PASSAGE AU LANGAGE ECRIT

LE BILAN ORTHOPHONIQUE

EVALUATION  Bilan

psychométrique  Bilan de langage  Recherche de troubles associés: Dyspraxie Troubles de la mémoire Troubles neurovisuels Troubles attentionnels

EVALUATION LINGUISTIQUE 

Différents niveaux d’analyse du langage: Phonologie Lexique Syntaxe Pragmatique Organisation discursive

Deux volets: - Tests normatifs - Exploitation du langage spontané

PHONOLOGIE: Intégration perceptive  Répétition de mots/ Non mots  Production dirigée de mots 

LEXIQUE: Passif: désignation d’images Actif: dénomination d’images Evocation: dénomination rapide de couleurs

SYNTAXE  Compréhension

morphosyntaxique : désignation d’images d’après un énoncé donné oralement  Expression morphosyntaxique: production en closure de phrases.

PRAGMATIQUE (qualitatif) Emploi de routines conversationnelles Adaptation à un événement qui crée une rupture dans l’échange Etre informatif et s’adapter à la compréhension de l’interlocuteur Comportements inadaptés Cohérence du discours (coqs à l’âne…) Capacités à faire des inférences

ANALYSE DISCURSIVE Le patient raconte ce qu’il voit sur des images (« les cerises »). Si le récit produit en première intention est insuffisant, un questionnement complémentaire est proposé.