La Guerre des Six Jours - CNDP

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La Guerre des Six Jours. Un documentaire en deux parties d'Ilan Ziv. (2007), en collaboration avec. Serge Gordey et Jon Kalina, coproduit par. Point du Jour, ...

teledoc le petit guide télé pour la classe

2006 2007

La Guerre des Six Jours Traumatisme indélébile pour les Arabes, victoire Un documentaire en deux parties d’Ilan Ziv

empoisonnée pour Israël, la guerre des Six Jours

(2007), en collaboration avec

constitue un tournant majeur dans l’histoire du

Serge Gordey et Jon Kalina,

Moyen-Orient. Quarante ans après, ce film en deux

coproduit par

parties, tourné sur les lieux où s’est déroulé le

Point du Jour, Instinct Films,

conflit, le décrypte minutieusement et en analyse

Alma Films et Arte France, diffusé dans

les conséquences jusqu’aujourd’hui.

les Mercredis de l’histoire. 2 x 52 min

ARTE MERCREDI 6 JUIN, 20 h 40

Un tournant des relations israélo-arabes Histoire, lycée Tourné en Israël , en Palestine, en Égypte, en Jordanie, à Moscou et à Washington, le film entremêle des témoignages inédits et des entrevues avec des protagonistes de la guerre des Six Jours, des documents d’archives récemment déclassifiés, des extraits de journaux personnels des acteurs clés de ce conflit et l’évocation des moments dramatiques qui en ont ponctué le déroulement.

Ce film pourra être utilisé en classe de terminale: le premier volet porte sur la montée en puissance du nationalisme et l’émergence du tiers monde; le second volet, plus militaire dans sa première partie, sera l’occasion d’ouvrir la réflexion sur les relations internationales, notamment soviéto-américaines, et sur l’émergence du nationalisme palestinien consécutif à l’occupation des terres arabes. Par ailleurs, dans le second volet de l’émission, la partie traitant de l’occupation de Jérusalem permettra d’aborder la situation actuelle avec le statut de la ville trois fois sainte comme abcès de fixation et point de blocage du processus de paix.

Le nationalisme arabe, un rêve de grandeur

> Dégager les grandes étapes du sursaut arabe entre la création de l’État d’Israël et le déclenchement de la guerre des Six Jours. On rappellera rapidement la situation du ProcheOrient depuis 1945 et l’échec d’une solution négociée à partir du plan de partage des Nations unies rejeté par les États arabes. Une séquence revient sur la genèse du problème palestinien (I, 27e min). On reviendra sur la victoire politique de Nasser lors de la nationalisation du canal de Suez (I, 11e13e min). Lors de cette nationalisation qui intervient en juillet 1956, l’Égypte et son raïs, Gamal Abdel Nasser, parvenu au pouvoir en 1954, entament un bras de fer avec l’Occident engagé dans un processus de décolonisation. Les enjeux suscités par le canal de Suez provoquent l’intervention francoanglo-israélienne. Mais les fortes tensions internationales et la pression américano-soviétique aboutissent au retrait des troupes alliées de la zone du canal. On dégagera les conséquences procheorientales de l’affaire de Suez: – Une défaite diplomatique d’Israël contraint d’évacuer le Sinaï. – Une victoire politique pour Nasser, nouveau Saladin dont le portrait orne les tapis de prière. – Une montée du nationalisme arabe. – Une présence accrue de l’URSS dans une zone sensible auprès d’un allié égyptien dont elle modernise l’armée (avions Mig 19, missiles SAM-5…). Rédaction Bruno Modica, professeur d’histoire et de géographie Crédit photo Andrei Khabad / Point du jour Édition Émilie Nicot et Anne Peeters Maquette Annik Guéry Ce dossier est en ligne sur le site de Télédoc. www..cndp.fr/tice/teledoc/

Les causes d’un conflit

> Dégager les causes de la guerre des Six Jours. • On s’interrogera alors sur les raisons qui poussent Nasser à engager un nouveau conflit: – La croyance que l’armée égyptienne est à un haut niveau de préparation (I, 19e min). – La nécessité de contraindre les Israéliens à négo-

cier sur les positions acquises en 1948 et à permettre aux réfugiés palestiniens de rentrer chez eux. – L’assurance d’un leadership incontesté sur le monde arabe, surtout après quelques revers militaires au Yémen. • On fera comprendre la prudence stratégique des Soviétiques (I, 37e min), qui font clairement comprendre à Nasser et au président syrien Al Atasi que toute attaque contre Israël ne recevrait pas leur soutien: les Soviétiques sont parfaitement conscients de leur infériorité au Proche-Orient et de la supériorité militaire des États-Unis dans la région. Déjà engagés dans le soutien au Nord-Viêtnam ils préfèrent consolider leur position. D’où les manœuvres précautionneuses de Nasser (concentrations de troupes, exigence du retrait des casques bleus du Sinaï, occupation de Gaza et Charm el-Cheik). • On visionnera la première partie de la 10e à la 12e minute pour présenter la perception des événements en cours par Israël. Le Premier ministre Eshkol est partisan d’une négociation, mais il est soumis à la pression des faucons au sein de son propre parti travailliste. Israël exploite la rhétorique guerrière de Nasser et se présente comme la future victime d’un nouvel holocauste. On opposera ces arguments à la réalité de la menace connue de l’état-major de Tsahal (I, 33e-34e min): il connaît l’état réel de l’armée égyptienne, nombreuse, sans doute dotée de matériel neuf, mais très mal préparée, mal commandée, dotée de moyens de communication obsolètes. Quelle est alors la justification de la guerre préventive demandée par les «faucons», dont Moshe Dayan (I, 48e min) devenu ministre de la Défense le 1er juin? On s’appuiera sur une carte d’Israël encerclé par des États arabes hostiles afin de faire comprendre la démarche israélienne.

L’engrenage d’une guerre

> Retracer la chronologie des événements militaires mais insister sur le décalage entre les stratégies israélienne et arabe. • La Jordanie, la Cisjordanie et Jérusalem-Est. On rappellera la position jordanienne, au contact d’Israël qui a annexé en 1949 la rive gauche du Jourdain et Jérusalem-Est (I, 45e min). Hussein de Jordanie se considère comme menacé par Israël et se rallie à l’Égypte, sans doute pour se trouver dans le camp des futurs vainqueurs et aussi parce que la majorité de la population du royaume se considère comme palestinienne. On insistera sur la position de la dynastie hachémite, gardienne des lieux saints de l’islam à Jérusalem. (II, 12e min).

• Des communiqués de victoire au principe de réalité. On visionnera le second volet de la 2e à la 7e minute, montrant le déroulement de l’attaque surprise de l’aviation israélienne et la percée des blindés de Tsahal dans le Sinaï. Le questionnement en classe fera découvrir aux élèves l’écart, au-delà du matériel, entre une armée de pays développé et une armée du Tiers Monde: différence de commandement, de motivation, d’instruction et de formation des personnels. On pourra étendre cette réflexion à d’autres conflits plus récents (première guerre du Golfe opposant la coalition occidentale à «la quatrième armée du monde», par exemple). • L’aveuglement du monde arabe. Alors que l’aviation égyptienne est anéantie, que Tsahal a pris le contrôle de Jérusalem-Est, repoussé la Syrie et conquis le Golan, mis en déroute les blindés égyptiens dans le Sinaï, occupé la Cisjordanie et Gaza, la radio gouvernementale égyptienne parle de victoires contre les Hébreux bientôt chassés de Palestine (II, 7e-10e min). On s’interrogera alors sur le contrôle de l’information dans les pays non démocratiques: quel est le rôle de la propagande? Comment la foule est-elle manipulée? On opposera cette surinformation faussée à la très grande discrétion des Israéliens sur l’étendue de leur succès (II, 16e-17e min, 25e26e min). Quel est leur intérêt à minimiser leur victoire et son ampleur? Pour Israël, la conquête de Jérusalem et du mur des Lamentations, lieu sacré du judaïsme, forge son identité nationale. Or les images de scènes violentes, de mauvais traitements aux prisonniers, de cadavres (II, 34e-36e min) remet en cause cette image de petite nation courageuse et sur la défensive.

Les conséquences de la défaite arabe

> Dégager toutes les conséquences à court et à long terme de la victoire israélienne de 1967. On opposera de façon très parlante les chiffres du succès israélien pour donner une idée du décalage de puissance (20000 tués arabes, autant de prisonniers, 700 morts dans les rangs de Tsahal). Les prisonniers égyptiens sont relâchés par Tsahal et retournent au Caire (II, 36e min), façon pour Israël de marquer par le «pardon» l’étendue de la défaite arabe. On dégagera les grandes conséquences de la guerre des Six Jours. • En Égypte. – La perte d’une partie du territoire national, le Sinaï. – La mort politique de Nasser qui, ayant présenté sa démission, revient sur sa décision sous la pression de la rue.

– La perte durable d’influence militaire dans la région. • Dans l’ensemble du monde arabe. – L’effondrement du rêve de grande nation arabe. – L’humiliation ressentie avec la perte de Jérusalem, lieu saint de l’islam. – La montée du sentiment religieux: la défaite est présentée par les frères musulmans persécutés par les régimes arabes laïcs de Syrie et d’Égypte comme une punition divine. Elle justifie a posteriori la condamnation de ces gouvernements impies dans les prêches radicaux. 1967 marque l’acte de naissance de l’islam politique d’orientation fondamentaliste. • En Israël. – Le renforcement de l’option militaire et la montée en puissance du parti de droite, le Likoud, partisan de la manière forte contre les Arabes. – L’occupation totale de la Palestine, au-delà donc des limites du plan de partage de 1947, amène Tsahal, armée de défense, à se transformer en armée d’occupation, avant-garde d’un mouvement de colonisation qui va s’étendre sur la Cisjordanie. – Une population palestinienne, forte de plusieurs dizaines de milliers de réfugiés supplémentaires, qui se radicalise. Le mouvement national palestinien se développe à partir de cette date. – Un rééquilibrage démographique à venir entre Palestiniens (1,5 million) et Israéliens (2,7 millions) sur un même territoire. • Un enjeu des relations Est-Ouest. Lors de cette guerre, une forte tension oppose Soviétiques et Américains (II, 39e-40e min), un épisode méconnu de la guerre froide: la mise en état d’alerte de l’Eskadra soviétique de la mer Noire pénétrant en Méditerranée, et finalement le cessez-le-feu encouragé par les deux grands; l’URSS coupe ses relations diplomatiques avec l’État d’Israël et les liens se distendent avec la France qui se rapproche, elle, du monde arabe. ■

Pour en savoir plus • RAZOUX Pierre, Guerre des Six Jours, 5-10 juin 1967: du mythe à la réalité, Economica, 2006. • SEGUEV Tom, 1967, six jours qui ont changé le monde, Denoël, 2007. • Le Dessous des cartes : Jérusalem, Palestine, Islam, Arte, 2006. Diffusé par le CNDP, coll. « Côté télé ». VHS : 55 min (5 x 11 min). http://www.cndp.fr/Produits/DetailSimp.asp?ID=44255

(1) Le Bruit des armes En 1967, forte du soutien soviétique, conduite par Nasser, un chef de guerre qui a su en 1956 transformer l’intervention militaire franco-anglaise en triomphe politique, l’Égypte est confiante. Elle exerce une forte pression contre Israël. La première partie relate l’histoire des trois semaines critiques qui ont précédé la guerre, racontée par le prisme des drames personnels de Nasser et du Premier ministre israélien Levi Eshkol.

(2) De la guerre à l’occupation Le récit du conflit se porte plutôt sur la guerre avec la Jordanie, l’occupation de la Cisjordanie et l’unification de Jérusalem. Levi Eshkol, Gamal Abdel Nasser, le roi Hussein de Jordanie, leurs conseillers militaires et leurs commandants occupent l’arrière-plan et un nouveau groupe de personnages prend d’assaut l’avant-scène : les soldats israéliens et jordaniens d’un côté, les populations palestiniennes de l’autre, contraintes de fuir devant les troupes israéliennes victorieuses, devenues l’avant-garde d’un mouvement de colonisation.

Une guerre, une carte Fiche de travail Tout au long du récit des événements fait dans le film La Guerre des Six Jours, on veillera à préciser les enjeux stratégiques et militaires de cette guerre-éclair, puis on dégagera les conséquences territoriales du conflit. Le fond de carte, ici, apparaît indispensable. Il demande cependant à être complété par un travail cartographique en amont (le ProcheOrient en 1947 au moment de la création de l’État d’Israël) et en aval (la guerre de Kippour, le ProcheOrient après les accords d’Oslo) du travail spécifique sur la guerre des Six Jours, voire par un travail à plus grande échelle sur la Cisjordanie et plus particulièrement la région de Jérusalem.

La guerre des Six Jours 1. Complétez le fond de carte au fur et à mesure du visionnage du film en indiquant les éléments suivants : – Les États concernés : Israël, l’Égypte, la Syrie, la Jordanie, l’Arabie saoudite. – Les villes importantes: Tel Aviv, Jérusalem, Le Caire, Damas, Amman, Gaza, Suez, Port-Saïd, Charm el-Cheik. – D’autres lieux importants : le golfe d’Akaba, le canal de Suez, le plateau du Golan, la Cisjordanie.

2. Construisez, en vous appuyant sur les symboles du fond de carte, une légende indiquant les avancées de l’armée israélienne et les territoires occupés par celle-ci à partir de 1967.