Le Maroc au temps du protectorat - CNDP

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au temps du protectorat. AUX PORTES DE L'EUROPE, le Maroc garde bien visibles les traces de son passé colonial : constructions et infrastructures sont nées ...

L’émission du CNDP et de La Cinquième pour les écoles et les collèges

HISTOIRE CYCLE III-COLLÈGE Parcours d’histoire nouvelle formule

Le Maroc au temps du protectorat AUX PORTES DE L’EUROPE,

le Maroc garde bien visibles les traces de son passé colonial : constructions et infrastructures sont nées pendant le protectorat ainsi que l’héritage culturel francophone. Rien de tout cela n’empêche une lecture critique de la colonisation faite d’abord de conquête militaire et d’exploitation économique. Le vieux Rabat : pittoresque et réalité. © CNDP

Avec la conquête du Maroc, à la veille de la Première Guerre mondiale, la France achève sa mainmise sur l’ensemble de l’Afrique du Nord. Le contrôle du Maroc a été arraché au terme d’une compétition coloniale particulièrement rude opposant en 1905 et 1911 la France et l’Allemagne, désireuse, elle aussi, d’acquérir un bastion colonial au sud de la Méditerranée. L’histoire du protectorat français instauré à partir de 1912 peut donc être racontée comme une des entrées du film le propose, à travers le récit des réalisations françaises et les souvenirs nostalgiques des colons. L’intérêt du documentaire proposé est d’offrir à l’attention des élèves, par de judicieux commentaires, un contrepoint critique à cette légende rose de la colonisation. Il y a en effet une autre histoire du Maroc : avant même le protectorat, dès 1907, l’armée française intervient brutalement dans le sud du pays pour rétablir l’ordre. Dans les années 20 la résistance militaire d’Abd el-Krim provoque une expédition militaire francoespagnole dans le Rif où se retrouvent côte à côte les généraux Franco et Pétain. Dans les années 30, c’est au Maroc que naît le mouvement nationaliste maghrébin avec l’Istiqlal. Au début des années 50, c’est encore le Maroc qui donne le signe de la révolte anti-française en Afrique du Nord.

CENTRE NATIONAL DE DOCUMENTATION PÉDAGOGIQUE

Information

DÉCOUPAGE Rabat 00 min 00 s Présentation. Rabat est l’une des quatre villes royales du Maroc, capitale administrative depuis le protectorat. Couloir du temps. 01 min 13 s Infographie. Présentation de Rabat en 1912. La tour Hassan, vestige de la puissance passée du Maroc. 01 min 45 s Situation géographique du Maroc au début du siècle, pays non colonisé et très convoité. Traité de Fès : partage du Maroc entre la France et l’Espagne. 02 min 05 s Présentation du général Lyautey. Pacification du pays (images d’archives). 02 min 54 s Les chantiers du protectorat : rénovation de la ville (restauration dans la Médina). Témoignage de l’architecte Saïd Mouline. 04 min 41 s Construction des principaux boulevards et des principaux bâtiments administratifs. 05 min 24 s Infographie : défilés de l’armée française. 05 min 35 s Rôle des contrôleurs civils. Témoignage de Marie-Thérèse Berthier. Images d’archives. 06 min 48 s Images d’archives de la population marocaine : sous le protectorat, elle est écartée de toutes décisions majeures. 07 min 09 s Développement des réseaux routier et ferroviaire. Images de la ligne de chemin de fer Rabat-Fès. 07 min 53 s Le port de Rabat, aujourd’hui disparu, deuxième du pays au temps du protectorat. Images d’archives : port de Casablanca : arrivée des Européens, transports de marchandises. 08 min 26 s Installation des colons. Appropriation des terres. Développement des exploitations agricoles. Témoignages d’un fils de colon, André Debelle. 09 min 44 s Pérennité des conditions de vie précaires du peuple marocain. 10 min 05 s Développement des établissements scolaires. Témoignages d’Aïcha Arjani, professeur de français. L’implantation de ces lycées profite essentiellement aux Français et à l’élite marocaine. 12 min 01 s Rabat de nos jours : capitale, centre administratif et ville royale depuis l’indépendance en 1956.

2 Galilée : Le Maroc au temps du protectorat © CNDP 1999

CARTE D’IDENTITÉ ÉCOLE Discipline et classes concernées Historie, cycle III. Le XXe siècle. Histoire de la colonisation française : un exemple de protectorat.

Autres disciplines possibles Géographie, cycle III. Un type d’urbanisme : une ville arabe sous influence européenne. Lectures de cartes. Éducation artistique : activités autour de l’art arabe (architecture).

Objectifs de l’émission Montrer le développement du protectorat français au Maroc à travers l’exemple d’une grande ville. Aborder les enjeux économiques de la France et du Maroc liées au protectorat. Mettre en évidence le développement des infrastructures administratives, économiques, éducatives sur le modèle d’un pays développé.

Principaux thèmes abordés Les repères historiques de la colonisation : naissance et développement du protectorat français au Maroc. La ville de Rabat : rénovation de la Médina et développement d’un urbanisme pionnier dans la ville nouvelle. Le port au temps du protectorat : un lieu d’intense activité dans le domaine du transport des voyageurs et des marchandises. Le développement du réseau routier et ferroviaire. L’implantation des colons sur le sol marocain. Le développement des exploitations agricoles. Le système éducatif : le modèle français dans les écoles et lycées.

Prérequis au visionnement Sensibilisation à la notion de colonisation. Situation géographique de l’Afrique du Nord.

Vocabulaire Protectorat, médian, souk, colon, colonisation.

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En classe

SUGGESTIONS PÉDAGOGIQUES ÉCOLE Ø Suggestions : une figure importante, le général Lyautey Histoire, cycle III.

• Le traité de protectorat (traité de Fès) fut signé le 30 mars 1912 entre le sultan marocain et la France représentée notamment par le général Lyautey (il ne sera fait maréchal qu’en 1921). Le Maroc fut divisé en deux zones : l’une française (la majeure partie du pays) et l’autre d’influence espagnole, le Rif. Lyautey assura les fonctions de résident général de 1912 à 1925 et joua un rôle essentiel dans la pacification et la réorganisation du pays. En effet, dès 1919, des foyers d’insurrection éclatèrent dans le Rif et la révolte s’étendit rapidement aux régions contrôlées par la France qui intervint alors sur le plan militaire. La pacification ne prit fin qu’en 1926. • Le général Lyautey. Faire relever par les élèves les événements et repères chronologiques liés à la personnalité et à l’influence du général Lyautey. Le visionnement des images d’archives sur les combats permettra de montrer la volonté du gouvernement français de maîtriser les foyers insurrectionnels. Parallèlement, on pourra souligner que l’action de Lyautey sur la restructuration de la ville de Rabat sert et fait valoir la suprématie de la France : le long des grandes avenues dont on dote la ville, on fait défiler l’armée française. • Lyautey et la rénovation de Rabat. Après visionnement des images sur la Médina et la ville nouvelle, ainsi que le témoignage de l’architecte Saïd Mouline, on pourra demander aux élèves de relever et de classer les actions menées sur le plan de l’urbanisme. On pourrait alors obtenir le tableau suivant : Medina Actions

Buts

Restauration des monuments. Le souk conserve son authenticité. Valoriser le passé en tant que vitrine de représentation. Préserver le patrimoine ancien. Empêcher l’accroissement de la population dans la Médina.

Ville nouvelle Développement d’un urbanisme pionnier. Implantation des grands bâtiments administratifs. Mettre en valeur la modernité du protectorat français.

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Ø Les grands travaux au temps du protectorat Objectif : amener les élèves à comprendre la multiplicité de l’empreinte française sur le territoire marocain.

Après un premier visionnement, on pourra demander aux élèves de faire l’inventaire des grands travaux entrepris par les Français : – la rénovation de la ville (urbanisme, transports en commun, bâtiments administratifs) ; – l’organisation des régions (rôle des contrôleurs civils) ; – les transports (réseaux routier et ferroviaire, port) ; – les écoles. Au cours d’un second visionnement, un travail de vérification des affirmations est fait avec les élèves. On pourra alors leur faire compléter un relevé d’informations concernant tous les projets mis en place sous le protectorat. Reprendre les titres précédemment établis et pour chacun, indiquer ce que l’on apprend. Ce travail pourra se faire collectivement ou individuellement. Il nécessite des arrêts sur image fréquents qui seront demandés par les élèves. Objectif méthodologique : lecture du document vidéo

Les élèves, par petits groupes, pourront alors reprendre quelques-unes de ces informations et compléter pour chacune un tableau de ce type : Information donnée : Voix off

Comment je l’ai appris Image

Témoignage

Ø Témoignages d’aujourd’hui : regards contrastés sur le passé Objectif : exploiter un témoignage oral

Visionner, dans un premier temps, les témoignages des deux Français (fils de colon et fille d’administrateur). Demander aux élèves de définir le point de vue de ces témoignages. Relever tous les aspects positifs dans l’action des colons (dans le domaine agricole) et de l’action des gouverneurs régionaux en ce qui concerne l’habitat, l’agriculture et sur le plan sanitaire. Effectuer un second visionnement en leur demandant de noter les informations données simultanément dans le commentaire (voix off) : les conditions de vie des paysans demeurent très précaires et rudimentaires, la population marocaine est écartée de toutes les décisions majeures et ne participe pas aux élections. Le témoignage de l’architecte montrera également l’ambivalence de l’action française qui, d’une part, développe un urbanisme « pionnier » visant à renforcer son image tout en contenant par ailleurs la ville ancienne où évolue une population disposant de peu de moyens. Enfin, le témoignage des enseignants du lycée Gouraut permettra de montrer comment la France a développé la construction de locaux scolaires (lycée, école) ; ce qui apparaît comme une volonté de développer l’éducation scolaire mais qui en réalité, profite essentiellement aux enfants de colons et à l’élite marocaine.

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CARTE D’IDENTITÉ COLLÈGE Disciplines, classes et programmes concernés en priorité Histoire, 4e. L’Europe et son expansion au XIXe s. : le partage du monde.

Autres disciplines ou classes possibles Histoire, 1re. L’Europe et le monde.

Objectifs de l’émission Montrer un aspect de la colonisation française à travers l’exemple du protectorat marocain. Comprendre les facteurs de la colonisation française en Afrique du Nord. Mesurer le poids de la présence française au Maroc dans les domaines politique, administratif, économique et culturel de 1912 à 1956. Comprendre comment Rabat propose une image idéalisée du protectorat et une justification de la colonisation ; dégager les enjeux de la colonisation pour les Français. Sensibiliser les élèves aux différentes représentations du colon et du colonisé.

Principaux thèmes abordés La colonisation française en Afrique du Nord. Le développement d’une ville coloniale : Rabat. La mise en valeur et l’exploitation du protectorat. Lyautey et le Maroc. Les relations colons/colonisés se font sur des bases inégalitaires.

Représentations préalables à prendre en compte En classe de 5e, les élèves ont déjà étudié le Maghreb. L’émission est pour eux l’occasion d’approfondir l’histoire coloniale.

Vocabulaire prérequis Colonie, colon, axe, Maghreb, souk, espérance de vie, royaume, rempart, muraille, faubourg, patrimoine, urbanisme, industrie de transformation, artisanat.

Vocabulaire à expliquer Résident général, caïd, cheik, sultan, zébu, contrôleur civil, sanitaire, déclin, pionnier, défilé, cortège, bled, fellah, préfet.

Vocabulaire à mettre en place Protectorat, médina, empire colonial, traité, pacification, débouché, ressource.

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En classe

SUGGESTIONS PÉDAGOGIQUES COLLÈGE Ø Démarche sur l’ensemble de l’émission Histoire, 4e : le partage du monde

• Localisation. Sur une carte de l’Afrique, faire localiser aux élèves le Maghreb, le Maroc, Rabat, Fès et Casablanca. • L’Europe se partage le monde. Rappeler les facteurs (économique, politique et idéologique) et les étapes de la colonisation européenne au XIXe siècle. Sur une carte des empires coloniaux en 1914, les élèves identifient les possessions françaises et le professeur fait remarquer aux élèves la forte présence française en Afrique. Demander aux élèves quelles autres puissances européennes convoitent le Maroc en ce début de XXe siècle et quelle sera l’issue de ces rivalités. • L’installation du protectorat marocain. À partir du documentaire les élèves définissent la situation politique du Maroc à la veille de l’arrivée des Français. Le professeur rappelle que depuis la fin du XIXe siècle, le Maroc est le seul État non colonisé du Maghreb mais qu’il est en déliquescence. Les élèves précisent la nature du régime politique et l’identité de son souverain (Moulay Hafiz 19091912). On demande aux élèves qui signe le traité de Fès, le 30 mars 1912, et quelles sont ses conséquences sur l’avenir de l’État marocain. C’est l’occasion de faire rechercher la définition des mots « colonie » et « protectorat » pour en mesurer la différence. Juridiquement le Maroc est un État souverain, protégé par la France, le résident est délégué auprès du sultan. Les élèves identifient le résident général nommé en 1912 (familiarisé avec les questions coloniales au Tonkin et à Madagascar, Lyautey sera commissaire général de l’exposition coloniale internationale de Paris). Le professeur précise que c’est au terme de trente années de négociations entre puissances européennes que la France finit par installer son protectorat. À la nouvelle de la signature du traité de Fès, le pays entier se soulève. Lyautey est nommé Résident général de France au Maroc le 28 avril 1912 pour mener à bien la pacification. Moulay Hafiz est déposé et remplacé par Moulay Youssouf. • Du protectorat à l’administration directe. Les élèves relèvent le nom des différents cadres administratifs et politiques du protectorat (résident général, sultan, contrôleur civil, caïd, cheik). C’est l’occasion d’expliquer que juridiquement le résident général représente la France et conseille le sultan, mais que dans la réalité il exerce une administration quasi directe. Insister sur le fait que le protectorat est une formule souple qui ne laisse qu’une apparence

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de pouvoir au souverain. De même l’administration locale est doublée par celle des contrôleurs civils dont on précisera la fonction. • Rabat : un urbanisme colonial. On demande aux élèves de définir la médina et d’en repérer les éléments les plus anciens (tour, muraille, souk, place du marché). À travers le témoignage de Saïd Mouline, les élèves relèvent les trois idées forces de la politique d’urbanisme de Lyautey : préserver l’ancien, séparer les deux agglomérations et concevoir une ville nouvelle (comme dans les autres villes royales du Maroc, l’architecte choisi par Lyautey a respecté la ville ancienne). Le témoignage permet aux élèves de comprendre quelle volonté politique se cachait derrière ces projets d’urbanisme (contenir la population de la médina, valoriser et figer le passé et donner une image idéalisée et moderne du protectorat). Les élèves recensent ensuite les différents types de grands travaux, les constructions effectuées à Rabat entre 1912 et 1930 (percée des boulevards, principaux bâtiments administratifs, transports en commun). • Politique scolaire et assimilation. La colonisation passe par l’européanisation. Définir le terme « assimilation ». À travers les témoignages d’Aïcha Arjani et de son collègue, demander aux élèves sur quel modèle se fondaient les écoles et lycées marocains et quelles parties de la population bénéficiaient de cet enseignement. Les témoignages de ces deux enseignants montrent aussi à quel point le rôle de la France dans l’assimilation des populations indigènes reste controversé. L’assimilation s’est faite à une échelle réduite, même si l’enseignement français a créé des élites plus larges. • La mise en valeur et l’exploitation du Maroc au temps du protectorat. Distinguer les différentes ressources dont dispose le Maroc (des mines de phosphates aux terres agricoles). Indiquer par qui les terres agricoles sont mises en valeur. Le professeur précise que l’agriculture repose sur la trilogie vigne-agrumes-primeurs. Le témoignage d’André Debelle permet de mesurer l’importance de l’élevage. À partir de 1917 l’exploitation des phosphates est encouragée : demander aux élèves à qui sont destinées ces productions et à qui profite ce commerce. Quels aménagements réalisés par les colons facilitent le transport des hommes et l’exportation des marchandises (port, axe routier, et ferroviaire). Noter l’importance du port de Casablanca. La colonisation a permis la mise en valeur de nombreux territoires mais a également eu des effets négatifs. L’ensemble du documentaire doit permettre aux élèves, avec l’aide du professeur, de déterminer ce qui, au Maroc, peut être porter à l’actif de la colonisation (efforts de scolarisation, action sanitaire…) et de juger, à l’inverse, de ses méfaits.

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Ø Activité : la mission civilisatrice Histoire, 4e : le partage du monde

À travers les témoignages des descendants de colons (Marie-Thérèse Berthier et André Debelle) l’élève est amené à mieux comprendre l’état d’esprit dans lequel se trouvaient les colons français. Relever les expressions qui témoigne d’un sentiment de supériorité des colons à l’égard des indigènes. À partir des documents disponibles dans le manuel, on amène les élèves à comprendre pourquoi au XIXe siècle les européens se sentent le droit de conquérir le monde et comment ils justifient cette domination par une mission civilisatrice. On pourra utiliser ici des images et des affiches de la propagande coloniale et les analyser. Les élèves en petits groupes, cherchent au C.D.I. un document (texte ou image). Après l’avoir présenté ils expliquent en quoi ce dernier sert la politique coloniale : rôle civilisateur, pacificateur, économique et source de prestige.

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FICHE ÉLÈVE 1 La société coloniale [À utiliser en histoire, 4e, après un second visionnement du documentaire.]

• Peuples et civilisations indigènes 1. Dans le documentaire repérez les éléments qui attestent l’existence d’une civilisation pré-coloniale. 2. À l’aide de vos connaissances : Nommez les deux peuples qui composent la société marocaine avant l’arrivée des colons. Précisez quelle est leur religion dominante. 3. Quel est le titre porté par le souverain traditionnel (chef politique et spirituel). 4. Énumérez les différentes activités pratiquées par les colonisés et par les colons français 5. En 1926 la population européenne, en majorité française, se chiffrait à un peu plus de 2 % de la population totale, soit 95 000 personnes. Comment et où les colons arrivent-ils sur le sol marocain ? 6. À l’aide d’un dictionnaire, rédigez une courte biographie de Lyautey qui montre la part prise par ce personnage dans l’histoire coloniale de la France. 7. Comment les colons dominent-ils les différentes activités politiques, administratives et économiques ? • Une société inégalitaire 8. Relevez les formes d’inégalités produites ou reproduites par la société coloniale dans les domaines suivants : – Espérance de vie – Politique – Administratif – Culturel

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FICHE ÉLÈVE 2 Rabat : de la Médina à la capitale de l’État marocain [À utiliser en histoire, 4e, après un second visionnement du documentaire.]

• La ville pré-coloniale 1. Décrivez la ville musulmane ancienne. 2. Quel nom portait-elle ? Combien d’habitants comptait-elle en 1912 ? 3. Quelle fonction de prestige occupait la cité musulmane ? • L’urbanisme colonial 4. Quels sont les aménagements réalisés à l’époque coloniale ? 5. D’après le témoignage de Saïd Mouline, quels étaient les trois objectifs de cette politique d’aménagement ? 6. Quelles constructions et réalisations rappellent les villes européennes ? • Rabat aujourd’hui 7. Quelles sont les fonctions de Rabat aujourd’hui et combien compte-t-elle d’habitants ? 8. Selon vous, qu’a apporté la colonisation à la ville de Rabat ?

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Documentation

COMPLÉMENTS 1. Les grands travaux « Au Maroc, la construction de lignes commerciales fut retardée par la nécessité d’une entente préalable avec les puissances d’Algésiras. Pour les besoins stratégiques, Lyautey fit poser 1 500 km de voies Decauville (à écartement de 60 cm) et autorisa le commerce à les utiliser. Ce n’est qu’en 1920 que le gouvernement chérifien concéda un réseau d’un millier de kilomètres à une Compagnie des chemins de fer du Maroc. Le Decauville laissa progressivement la place à la voie normale. La ligne de Fès atteint Rabat et Casablanca en 1925, Marrakech en 1928. La ligne de Fès à Tanger est achevé en 1927. Casablanca était devenu le premier port du Maroc. Les travaux commencés avant le protectorat, avaient été interrompu, en 1907, par l’émeute et les opérations militaires. Des chantiers adjugés, en mars 1913, au groupe Schneider-Hersent se poursuivent pendant la guerre. Le petit port est achevé en 1917. On construit de nouvelles digues, mais malgré le lancement d’emprunts successifs, les travaux n’arrivent pas à suivre les progrès d’un trafic qui atteint un million de tonnes en 1924, 3,4 millions de tonnes en 1929. Casablanca assure alors les quatre cinquièmes des échanges du protectorat. Le chemin de fer de Fès à Oudja, reliant le Maroc à l’Algérie, n’est terminé qu’en 1934. Cette ligne, très coûteuse, qui nécessita de nombreux ouvrages d’art, achevait la réalisation du grand central de Tunis à Casablanca. Ainsi était matérialisée, dit-on orgueilleusement à l’époque, l’unité de l’Afrique du Nord française. » Denis BOUCHE, Histoire de la colonisation française, tome 2 : « Flux et reflux » (1815-1962), © Fayard, 1991, p. 190.

2. Travaux d’urbanisme et d’édilité « Les agglomérations urbaines, parfois créées ex nihilo ont constitué, plus qu’aucune autre entreprise, peut-être, la marque et le symbole de la domination coloniale. Il n’est pas possible, toutefois, d’en établir un bilan aussi précis que pour les voies de communication, les ports ou les travaux d’irrigation. La construction de bâtiments publics et les travaux d’édilité n’ont pas fait l’objet de financements aussi importants ni de projets aussi longuement élaborés que les autres grands travaux. En outre, pour une partie d’entre eux au moins, ils étaient de la compétence des municipalités dès que celle-ci étaient organisées. L’orgueil du colonisateur était de construire en pierre si possible, à défaut, en brique. Il n’avait que mépris pour la tente de l’Arabe, ou pour la maison végétale de l’Africain noir ou de l’Asiatique. 12 Galilée : Le Maroc au temps du protectorat © CNDP 1999

Certes, il y avait au Maghreb des villes anciennes qui ne manquaient pas d’intérêt architectural et artistique, mais les nouveaux arrivés jugèrent et de façon négative les aspects proprement médiévaux du plan et des équipements de ces cités. À Alger, les militaires s’installèrent dans les locaux abandonnés par les Turcs, sans éprouver aucun scrupule à opérer des démolitions pour ouvrir les oies et les boulevards nécessaires à leurs évolutions. Quand les Français s’établissent au Maroc, le temps a coulé et les goûts ont changé. L’architecte, choisi par Lyautey, respecte les murailles des villes royales (Fès, Meknès, Marrakech, Rabat), et construit les cités européennes à l’écart. Sa plus heureuse réussite est certainement Rabat, la capitale choisie par Lyautey. Il en fit, selon M. Ganiage, la plus belle ville d’Afrique du Nord. Partout, les Français ont édifié, à mesure de leurs besoins, des bâtiments semblables à ceux dont ils avaient l’habitude. Beaucoup de villes coloniales, avant la Seconde Guerre mondiale, offraient au nouvel arrivant l’aspect d’une sous-préfecture française. Les gares, les bureaux de poste et les églises, en particulier, avaient été imposées tel quel. » Ibid, p. 202.

3. L’œuvre sanitaire « À la vitrine de la mission civilisatrice, l’action sanitaire a longtemps occupé une place de choix. Un corps médical d’ancienne origine et de haute compétence était en place au moment où la révolution pastorienne ouvrit la voie à l’éradication des endémies qui avaient valu aux terres tropicales leur sinistre réputation de « climat meurtrier ». Longue est la liste des succès. Mais à l’heure des bilans, furent mis en évidence, aussi, des aspects négatifs. […] Le corps de santé des colonies et des pays de protectorat fut créé par un décret du 7 janvier 1890. Il ne sortait pas du néant. À l’image du ministère des Colonies qui achevait de dégager de la tutelle de la Marine, les médecins des colonies avaient un long passé de médecins de Marine. […] Dans les dernières années du XIXe siècle et les premières années du XXe, fut mis en place, dans toutes les colonies, un service de santé publique. Le corps des médecins et pharmaciens des colonies en eut la charge de 1890 jusqu’aux indépendances (et même au-delà, sous la forme de la coopération). Les effectifs en service outre-mer s’accrurent lentement : 176 médecins et pharmaciens en 1889, 480 en 1900, 667 en 1911, 1006 en 1936, 1280 en 1958. Leur rôle fut triple : de recherche, de pratique et d’enseignement. Ils créèrent 14 Instituts Pasteur outre-mer, bâtiment l’AMI (Assistance médicale indigène) et fondèrent et dirigèrent les écoles de santé locales. […] Au Maroc, un institut sanitaire ouvert à Tanger en 1910 devint officiellement Institut Pasteur en 1913. Malgré une demande de Lyautey remontant à 1915, l’Institut Pasteur du protectorat ne fut ouvert à Casablanca qu’en 1930, la même année que l’Institut d’hygiène de Rabat. Entre les deux institutions, l’une autonome et l’autre relevant de la direction de la Santé et de l’Hygiène publiques, on pouvait prévoir des rivalités. L’Institut Pasteur du Maroc, malgré une taille réduite et un personnel limité, eut à son actif la mise au point d’un vaccin antityphique, utilisé à partir de 1937. […] 13 Galilée : Le Maroc au temps du protectorat © CNDP 1999

L’œuvre médicale ne saurait néanmoins s’inscrire exclusivement dans les colonnes de l’actif de la période coloniale. Au passif, on peut imputer les maladies elles-mêmes qui, avant d’être victorieusement combattues, furent souvent apportées ou diffusées par le colonisateur. Le système colonial “par le portage, les grands chantiers ferroviaires ou forestiers, par la migration vers les villes, favorisa la mobilité de la population et, avec elle, la diffusion des épidémies, à une échelle sans doute ignorée jusque-là”. Le fait est incontestable et les pastoriens furent les premiers à établir qu’une population est d’autant plus sensible à une affection qu’elle avait été jusque-là indemne de toute contamination. Sans en avoir l’explication, les Blancs l’avaient constaté depuis longtemps à leurs dépens. La fièvre jaune et le paludisme, maladies graves pour les Africains, étaient pour eux beaucoup plus souvent mortels, faisant de l’Afrique “le tombeau de l’homme blanc”. » Ibid, p. 234, 236-237, 241-242.

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POUR EN SAVOIR PLUS À lire BOUCHE Denis, Histoire de la colonisation française, tome 2 : flux reflux, 18151962, Fayard, 1991. COQUERY-VIDROVITCH Catherine (dir.), L’Afrique occidentale au temps des Français : colonisateurs et colonisés 1860-1960, La Découverte, coll. « Textes à l’appui. Histoire contemporaine », 1992. GUILLAUME Pierre, Le Monde colonial, XIXe-XXe siècle, Armand Colin, coll. « U Histoire », 1994. MEYER Jean, TARRADE Jean, REY-GOLDZEIGUER Annie, Histoire de la France coloniale, Pocket, coll. « Agora » n° 173, 1996. PERVILLÉ Guy, De l’empire français à la décolonisation, Hachette-Éducation, coll. « Carré Histoire » n° 6, 1991. « Le temps des colonies », L’Histoire, numéro spécial 69, juillet-août 1984. « L’empire colonial à son apogée », CNDP, TDC n° 710, février 1996. « La colonisation au XIXe siècle », CNDP, TDC n° 472, mars 1988.

À utiliser La décolonisation, CRDP Amiens, coll. « Documents pour l’étude d’un monde contemporain », 1996, réf. 800 B5117, 60 F.

À consulter http://www.georgetown.edu/spielmann/courses/Francophonie/colonisation.htm : cartes pédagogiques des différentes étapes de la colonisation de l’Afrique. http://www.imarabe.org/perm/mondearabe/index.html : très beau site de l’Institut du monde arabe. Aperçu clair et succinct du Maroc (économie, repères chronologiques, éducation…).

ð Les références renvoient aux productions du CNDP.

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RENSEIGNEMENTS PRATIQUES Diffusion Conception Durée Modules Public Indexation

Lundi 8 mars 1999 / La Cinquième / 10 h 10 Hervé Pernot (assisté de Manuella Marques) 13 minutes Rabat, de Jimmy Leipold, (13 min) Histoire cycle III, 4e Descripteurs Motbis : Colonisation – Maroc

OBJECTIFS DE LA SÉRIE PARCOURS D’HISTOIRE NOUVELLE FORMULE Cette série d’histoire, dont chaque émission dure 13 minutes, s’appuie sur les programmes d’enseignement du cycle III de l’école élémentaire et sur ceux du collège. Ses objectifs sont de faire comprendre les grandes caractéristiques des différentes périodes historiques tant du point de vue de l’histoire événementielle que de la vie quotidienne, ainsi que de faire partager aux élèves une mémoire collective et des repères communs à travers quelques lieux symboliques liés à des événements majeurs de l’histoire de France. Il s’agit essentiellement de montrer que l’on peut avoir une connaissance du passé à partir des traces que l’on repère dans le présent.

Partie école élaborée par Catherine Chantry Partie collège élaborée par Catherine Bytebier, Marianne Cabaret-Rossi, Jofrana Quenum Coordination : Yvan Amar et Antoine Sabbagh Assistantes d’édition : Séverine Blondeau, Pauline Guinand