Note sur la chronique de Saint-Maixent

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NOTE SUR LA

CHRONIQUE DE SAIN T-MA1XENT

Le texte de la vaste compilation connue sous le nom de C&0nique de SaintM'aivent, qui s'étend depuis la création (lu inonde jusqu'à l'année 1.141, ne nous n été conservé que par une copie assez correcte, effectuée au Xliv siècle, et qui remplit les 207 premiers folios (lu manuscrit latin 4892 (le la Bibliothèque nationale'. C'est cette copie que tous les éditeurs ont eue sous les yeux depuis Jean 13esly qui, le premier, en inséra quelques extraits dans son histoire (les comtes de .Poictou. Et cependant une édition fidèle manque encore. Les deux seules qui comptent, celle du P. Labbe' et celle de Marchegay et Mabillc', témoignent d'une fantaisie déconcertante : avec raison, ces cru(lits ont allégé leur publication (le tout le fatras qui forme le dcbut de la compilation pour n'imprimer à peu près que la partie postérieure au V ille siècle; mais ils se sont cru le droit de bouleverser le texte, de l'arranger à leur guise, d'y ajouter (les (la tes de leur cru, sous prétexte que l'ordre chronologique n'y était pas impeccable, rendant ainsi impossible toute critique sérieuse. Aussi n'y a-t-il pas lieu de s'étonner outre mesure des erreurs multiples qu'ont commises la plupart des historiens qui ont utilisé ce document et de l'incertitude qui règne sur sa provenance même. En attendant qu'une édition exacte en puisse être donnée, il ne sera peut-être pas inutile d'indiquer rapidement les carnele manuscrit du Vati1. Une autre copie, du 'v siècle, est contenue dans can, Reg. lat. 554; mais ce n'est qu'une transcription du manuscrit de Paris. t. II, P. 190-221. 2. Labbe, Nova bibliotheca manv.srI'iptOi'UJfl, Maliilli' (Soc. ,le Chroniques des ég1ses (LAILjou, ii 11 ar Marchegay et 3.

l'hist. (le France), p. 351-433.

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LA CHRONIQUE DE SAINT-MÂIXENT.

tères de la compilation, les éléments essentiels dont elle se compose, le lieu et l'époque où elle a été rédigée. Elle s'ouvre par un où l'auteur expose ce qu'il a voulu faire son but est de continuer l'ouvrage où Julius Florus a raconté l'histoire du monde jusqu'à la naissance du Christ; il le transcrira et mènera le récit jusqu'à son temps : on assistera ainsi à la déchéance progressive de l'humanité, qui fait présager la fin du monde et l'approche du jugement dernier 2• Les sept premiers livres s'étendent, eu effet, depuis les origines jusqu'au début de l'ère chrétienne, et., sous le titre de « Flores historiarum » ou « Tractatus Julii Flori », reproduisent intégralement le premier « tome » de la Chronique de Fréculf3. Le compilateur s'est contenté d'y intercaler l'histoire légendaire d'Alexandre le Grand par le pseudo-Callisthènes, telle qu'elle est rapportée dans la traduction latine de Julius Valerius'. A partir de l'ère chrétienne, ignorant évidemment l'existence du deuxième « tome » de Frécuif, il remonte lui-même aux sources et met bout à bout dans un ordre à peu près chronologique des extraits d'Orose, d'Eusèbe de Césarée (Historia ecclesiastica), de Cassiodore (Historia tripa.rtita), de Jordanès (Romana), de Paul Diacre (Historia niiscella et Historia Langobardorum), de Bède (historia. ccclesiastica), du Liber pontificalis, de Grégoire de Tours (Historia Francorum.), d'Aimoin (historia Francorum), d'Adrevald (Miracula sancti Benedicti), de la Vie (le saint Léger s , de la vision miraculeuse de Barontius, à Bourges 8 , et (le celle de Wettinus, par Heito, abbé de Reichenau; et, complétant Adrevald à l'aide d'Eiiihard (Vila Karoli), il atteint ainsi l'époque de Charlemagne 7. La Chronique d'Adémar de Chabannes, dans sa rédaction priL Publié dans Labbe, toc. cil., p. 190. 2. Le prologue est suivi de quelques extraits d'isidore de Séville. 3. On peut citer au moins un autre manuscrit oit le nom de Frécuif a été ainsi remplacé par celui de Julius Florus c'est le manuscrit 160 de la Bibliothèque il'Avranches. 4. Bibi. nat., 'us. lat. 4892, fol. 49 r-64 r. 5. Rédaction d'Oursin (Ursiuus), moine de Saint-Maixent. 6. Acta ,sanclorum, t. lii de mars, P. 566-568. 7. Une lecture attentive de la Chronique permettrait certainement de coinpiéter cette énumération. Nous n'avons voulu d'ailleurs indiquer ici que celles des oeuvres dont l'utilisation directe paraissait certaine. Dans leur préface, Marchegay et Mabille (Chroniques des éytises d'Anjou, p. xxxiv) se sont borné S dire : c Le rédacteur... a tiré de la Vie de saint Herbiain le

LA CHRONIQUE DE

SAINT-M1XNT.

mitive en un livre (rédaction V)', lui sert alors de guide; mais il y ajoute quantité de passages empruntés à des textes divers et surtout à des textes anrialistiques, qui forment l'essentiel de sa documentation à partir du moment où le récit d'Adémar s'arrête. Il appartiendra au futur éditeur de la Chronique de marquer avec précision l'origine de tous ces passages. Contentons-nous de dire ici que, sans compter quelques emprunts faits à l'oeuvre de Pierre de Maillezais 2 et à celle de Petrus Tudebodus 3 (transcrites dans le manuscrit 4892 à la suite (le la Chronique), à l'Histoire de Saint-Florent de Saumur 4 , à un texte apparenté aux Gesta sanctorum Rotonensium, et enfin à divers récits hagiographiques (Translations des restes de saint Maur 6 , de saint JeanBaptiste'-, de saint Junien 8 , le saint Mathieu 9 , Miracles de saint Martin de Vertou"), le compilateur a surtout puisé dans des chroniques et annales poitevines aujourd'hui perdues, dans le chartrier de Saint-Maixent et dans les annales qui, aux r et lIe siècles, avaient été composées à Saint-Maurice d'Angers. Pour ces dernières, la preuve serait facile à donner, car on relève dans la Chronique, jusqu'à l'année 1057 inclusivement, de nombreux passages qui lui sont communs avec les Annales (

long récit de l'apparition de l'âme de. Morontius, abbé de Saint-Florent de Saumur, qui, dans le manuscrit, précède immédiatement une généalogie des rois de France de la deuxième race, par laquelle nous faisons commencer la chronique dans notre dition. t) Ce e long récit » est limité â une allusion de trois lignes. t. Voir l'article que nous avons publié sur Use rédaction ignorée de la Chronique d'Adéinar de Chabannes, dans la Bibliothèque de iÉcote des chartes, t. LXVI, 1905, p. 655-660, et nos Remarques sur la Chronique d'Adémar de Chabannes, dans la Revue historique, t. XCVIII (1908), p. 294-308. 2. Histoire (lu monastère de Mailteais, dans Labbe, Nova hihiiotheca manusrriptorum, t. li, p. 222 .238. Voir la Chronique de Saint-.fai.xeni, éd. Marehegay et Mabille, p. 381 lignes 3-6'i, 387 (ann. 1003 et 1010;, 388 (anu. 1014), 390 (ann. 1029), 395 (ann. 1045). 3. l'Historia de Hierosolyrnitano itinere en cinq livres. Voir Chronique de Saint-Maix.ent, éd. Marchegay et Mabille, p. 412 et suiv. 4. ('hron., éd. Marchegay et Mabille, p. 378, 388-389, 399. 5. Ibid., p. 363-364. 6. Ibid.. p. 368-369. 7. Ibid., p. 359-361 (= Acta sanctoruin, t. V de juin, 3' éd., p. 650-651). 8. Par Liétaud, moine de Micy. Voir ('brun,, éd. Marchegay et Mabille, p. 388 (ann. 1014). 9. Ibid., p. 367 (emprunt fait â une Translation perdue.' cf. llibliotheca hagioprrzphica lutina. L. 11, P . 836, n' 10. ibid., . 362-36.

La URONl1 E ici; sAiNi -MAIXi\T.

dites de Renaud et les Annales de Vend6me, lesquelles rie sont guère, jusqu'en 1075, qu'une reproduction des annale' perdues de Saint-Maurice d'Angers'. Les notes relatives à SaiiilMaixent sont de deux sortes : jusqu'au milieu du xi 0 siècle, ce lie sont, à une exception près peutêtre 1 , que des synchronisni tirés de chartes, pour la plupart conservées encore aujourd'hui; puis, à partir de 105e, on rencontre de ci de là des notes d'un caractère annalistique, assez rares d'abord', puis plus fréquent' et bientôt prédominantes à mesure qu'on approche (le l'an 1141 qui marque la fin de la compilation. Mais, surtout jusque vers Ii milieu du XI° siècle, les notes les plus nombreuses sont des débris de chroniques et d'annales poitevines, dont beaucoup proviennent visiblement de la collégiale Saint-Hilaire de Poitiers. Comme le duc d'Aquitaine en était abbé laïque et que la culture' littéraire y était en honneur', on ne s'étonnera pas qu'on ait pi' y être bien informé et qu'on ait eu souci d'y consigner les faiI les plus importants de l'histoire locale. De tous ces extraits, dont un grand nombre seraient sans lui ignorés et auxquels il a encore ajouté quelques brefs reeIseieVoir l'In troiluci ion (le notre I f il cil ( 1'(Itot a1es ange ,.ines et i ii 's p. XXXIX-XLVIII.

2. On trouve, à l'année 1026 (Chroniques (les églises d'Anjou, p. 389-390 sur la succession (les abbés de Saint-Maixent, le petits détails qui supposeul eut-lOre l'utilisation il une note spéciale. 3. Elles ont été publiées par M. Alfred Richard, sous le titre (le Charles docn,uenls pou?' servir à l'histoire de labbai/e de saint-Mai_rent, aux t. X\ I et XVIII des Archives /eislorijues du Poilant. I)ans son Introduction, p. xxs pie de lufaite, titi sa Ipar ion le com pi la t e e M. Richard a déjà relevé un exemple du chartrier de l'abbaye. Il eût pu facilement en donner d'autres. Ainsi, mentions des années 905, 1)61, 993, 1010, 1028, IO fiO, dans leurs parties relati'oà Saint-Maixent. sont évidemment tirées des chartes n" 16, 26, 61, 74, 80, et 94 du recueil de M. Richard. 4. Voir les mentions des années 1059 (note relative à une translation) et surtout 1068, 1070, 1075, 1080, 1082, 1087, 1093, 1106, 1107, etc. 5. Voir les mentions des années 830 (éd. Marchegay et Mabille, i l . 35-3' 855 et 863 (p. 307), 890 (p. 371), 893 (p. 372), 1GO et 902 (p. 373), 937 (p. 37 955 (p. 380), 902 (p. 380), 975 (p. 381), 1032 (p. 391-392), 1036 (p. 392), ici; :1 . 392), 1041 (1. 394 .395), 1049 (i'. 397-398 remarquer pie, clans la note relative à Saint-hilaire de Poitiers, le compilateur a laissé subsister les iumI ainore patroni nostri »), 1058 (i' 400), 1076 (p. 406), 1100 (p. 420 : note tir d'un récit composé à Saint-Ihilaire de Poitiers, publié dans les mat. dc I',.. L XIV, P. 108). 6. Ou, sait notamment iju'Àugivr (Ilildegariaes), le disciple fidèle de Fulloc le Ilarlr-. -s]:ii r'' 5;iitif-lIil,,ir,' au dcliii du

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(truite et de gauche, l'auteur de la Chronique a )rmé un ensemble où son apport personnel est évidemment fort restreint. Il est certain, cependant, que cet apport n'est pas nul propos d'un événement survenu en 1087, il cite le nom (l'un Normand qu'il se rappelle avoir vu et dont la haute taille l'avait I'appé'. Quelques autres détails laissent transparaître sa personiialitè l'usage qu'il a fait du chartrier de Saint-Maixent, la place de plus en plus grande que l'histoire de cette abbaye occupe clans la Chronique à mesure qu'on approche de l'époque où l'auluur écrivait sont déjà des indices. Mais il y a plus : chaque fois qu'il parle de l'abbaye de Saint-Maixent, il en parle comme quelqu'un qui est de la maison et qui écrit pour ses confrères. I 'ar exemple, mentionnant sous l'année 993 l'acquisition du lornaine de Marsais, il se contente, sans préciser davantage, de lire « L'abbé Bernard achète le domaine de Marsais 1 . » Ailleurs, il notera : « A la mort de Renaud, Goufier est ordonné; il meurt un an plus tard et a pour successeur Amblard 3 . » Ni lui, ni ses lecteurs ne s'y tromperont; ils savent que ce sont là des nhhs de Saint-Maixent 4 . « Le monastère », c'est Sainti\iaixent 5 ; l'auteur qualifiera la « villa » de Saint-Maixent villa ista »6; enfin, rappelant les services rendus par l'abbé (eolîroi, décédé en 1134, et les constructions exécutées par lui, il déclarera qu'on n'a, pour s'en convaincre, qu'à regarder autour te soi. Seul, un moine de Saint-Maixent pouvait parler ainsi. iïteiits ile

t-ce par suite tic celte circonstance et grâce à des noies prises par les chahumes dc Saint-Hilaire le Poitiers que le compilateur de Saint-Maixent aura u connaissance des annales de Saint-Maurice d'Angers, dues en grande partie l'archidiacre Renaud, autre disciple de Fulbert. 1. Chrwt., éd. Marchegay et Mabille, . 109 s ... inter (1t10S nous, tuillellus nomine, major ceteroruiti interfuit, quemn vidimus, et erat Normannus. s . Ibid., t. 38 : s Anno DGCCCXCIII Hernardus abba emit curtein de Marisco. » :1. ibid., p. 389 « Anno MXXVI ordinatus est Gulferius post Rainimhiu.n; qui unullb annum solum vivens obiit et Amblardus successit, ordinatus ab Isimberto episcopo, successore Cisleberti. 1. De mèrne, sous les années 1087, 1106 et 1107, il est parlé, sans autre dési. itation, d' o abbates s, qui tous sont des abbés de Saint-Maixent. 5. Chi-on., éd. Marchegay et Mabille, p. 401 :11 110e anno (MLXXX) perfet us est introilus iiionasterii. ) 6. ibid., p. 107 : Anno MLXXXII ignis combussit villam islam sancti adjutris Maxenlii, 7. ibid., p. 431 t Hic in constructione inonasterii sui et in augmenlatione a tevitiN tttan ut ni evt'ntti probatur et opora 41rclarant.

LA CHRONIQUE DE SAINT-MAIXENT.

Les derniers éditeurs de la Chronique, Marchegay et Mabille, en ont cependant jugé autrement pour eux, la compilation a été faite à Maillezais, et c'est parce que l'auteur y a incorporé des annales rédigées à Saint-laixent que les faits relatifs à cette abbaye sont si nombreux. Cette opinion ne soutient pas l'examen : en dehors de quelques emprunts faits à l'Histoire de Maillezais du moine Pierre, les événements intéressant Maillezais n'apparaissent dans la Chronique qu'à titre exceptionnel et s'effacent précisément quand on approche de l'époque où l'auteur écrivait, alors que l'histoire de Saint-Maixent occupe dans l'oeuvre une place de plus en plus considérable. On allègue que le manuscrit vient de Maillezaise. Le fait est exact; mais le manuscrit eût-il été exécuté à Maillezais qu'on n'en saurait rien conclure, car ce n'est pas l'original. Au surplus, il n'est pas tout entier d'une même main un premier scribe y a transcrit la Chronique de Saint-Maivent (fol. 1-207 r°), l'histoire de la première croisade, en cinq livres, par Petrus Tudebodus. avec quelques textes annexes (fol. 212-245), et l'Histoire de Maillezais du moine Pierre (fol. 246-255); puis, sur les folios liminaires et sur les folios 207 r°-211, des notes diverses, toutes relatives à Maillezais (notes annalistiques, chartes et catalogue des livres composant la bibliothèque du monastère s), ont été tracées depuis la fin du XIIC siècle ou le début du XI1[6 jusque dans le courant du XVe. Le manuscrit a donc été conservé à Maillezais depuis la fin du xIIe siècle ou le début du xrlIc; mais rien ne prouve qu'il n'y ait pas été apporté du monastère de Saint-Maixent, avec lequel celui de Maillezais entretenait de très fréquents rapports. La compilation est, en effet, bien antérieure à la fin du xir siècle. Elle s'arrête sur un fait de l'année 1141, et c'est sans doute cette année même qu'elle fut terminée, car il y est question de l'évêque de Poitiers Grimouard (-J- 1142) dans des termes qui semblent supposer qu'il est encore en vie. Peut-être, il est vrai, les lignes qui suivent l'année 1126 ont-elles été ajoutées après 1. Chroniques des églises d'Anjou, p. xxxv-xxxvi. 2. Ibid., p. xxxii; Auguste Molinie.r, Les sources de l'histoire de France, t. Il, n' 1438. 3. Les notes annalistiques ont été publiées par Marchegay sous le titre de Fragments inédil.ç d'une chronique de Maillezais, dans la Bibliothèque de l'École des chartes, t. II, 1840-41, p, 148-168; le catalogue de la bibliothèque a été publié par M. Delisle dans son ouvrage sur Le cabinet des manuscrits de

ta Bibliothèque nationale, t. Il, p. 06-508.

LA CFiIOtItTE DE SAINT-MÂIXENT

coup ce ne sont plus que quelques notes rapides et assez désordonnées, différentes d'allure de celles qui précèdent'. En ce cas, la compilation aurait pu, dans son ensemble, être achevée avant 1141 et peut-être même dès cette année 1126 qui marque dans l'oeuvre un point d'arrêt. Cette date paraît conciliable avec les autres Parties du texte, lequel a certainement été compilé tout d'un bloc, ou peu s'en faut; car, en maints endroits, à partir du x' siècle, l'auteur s'interrompt pour (Iofliler, à propos d'une fondation de monastère ou de quelque autre événement, des listes d'évêques et d'abbés qu'il mène aussi loin que les renseignements recueillis le lui permettaient et qui descendent, pour la plupart, jusqu'au premier quart (lu XII' siècle. Plusieurs de ces listes nous mènent jusqu'après 1120, l'une d'elles même, semble-t-il, jusqu'en 1126 au moins 2 . Tous ces indices concordent bien et nous invitent à conclure que la compilation a été formée à Saint-Maixent vers 1126 et complétée en 1141. Louis HALPHEN. 1. Ce fait avait déjà frappé M. Alfred Richard; mais c'est à l'année 1124 qu'il arrêtait, flOUS ne savons pourquoi, le texte primitif (Chartes et documents pour .serrtr à. L'histoire de l'abbaye de Saint-Maijent, L. I. p. xxv). Il faut ajouter que M. Richard a bien vu, lui aussi, que la Chronique ne pouvait venir que de Sain t-Mai xent. 2. Voici les dates extrénies d'abhatiat ou d'épiscopat des prélats énumérés dans celles 1e ces listes qui descendent le plus bas, dans la mesure où ces dates peuvent étre di1errninées à l'aide de la CailLa chri,çtiana et des quelques cartulaires que nous avons consultés', abbés de Fécanip (ami. 937) jusqu'en 1079 . 1108; abbés de Bourgueil (anu. 994) jusqu'en 1107-1123; évèi1ues de Limoges (ami. 994) jusqu'en 1073-1086 environ ; abbés de Saint-Nicolas d'Angers (ann, 1032) jusqu'en 1118-1136; abbés de la Chaise-Dieu (ana. 1U43 jusqu'en 1111-1146; abbés de No yers (ana. 1046 jusqu'en 1109-1132; abbés (le Montierneuf (ana. 1075), jusqu'après 1126-après 1129; abbés de liourgdieu ou Déols (ann. 1075) jusqu'en 1103-1138; évêques d'Agen (ann. 1083 et 1100) jusqu'en 1118 env.-1128 env.; archevêques de Lyon (ana. 1083) jusqu'en 11191128; abbés de Chezal-Benoît (ana. 1088) jusqu'après 1117; abbés de SaintJean-d'Angély (ann. 1091) jusqu'en 1104-1131; abbés de Saint-Junien de Nouaillé (ann. 1091) jusqu'en 1115-1133; abbés de Sauve-Majeure (ana. 1095), jusqu'en 1120-1126; abbés de Saint-Maur-sur-Loire jusqu'après 1099-1123; abbés de Saint-Cyprien de Poitiers (ann. 1100) jusqu'avant 1110-avant 1136; abbés (le Marmoutier (ana. 1100) jusqu'en 1105-1124; abbés de Cluny (ana. 1109) jusqu'en 1122-1156. - Quelques mots faisant allusion, à propos (l'un fait de l'an 1099, à l'avènement de Raimond, prince d'Antioche (1136), peuvent sans grande difficuité être considérés comme une addition au texte primitif.

--,"' Extrait de la

Bibliothèque (le l'École des chartes,

Année 1908, t. LXIX.

Nogent-le-Rotrou, imprimerie

DuPELEV GOUVERNEUR.