Paula SCHER - Cndp

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“Les affiches de Paula Scher sonnent souvent comme une grande claque en pleine ... Née en 1948 à Washington, Paula Scher étudie à la Tyler School of Art de.

Paula SCHER du 16 septembre au 12 novembre 2005 Espace d'exposition des Silos - Section jeunesse

visites actives et commentées sur rendez-vous renseignements et réservations : pôle graphisme, service des publics les Silos, maison du livre et de l'affiche 7-9, avenue Foch 52000 Chaumont tel : 03.25.03.86.82

“Les affiches de Paula Scher sonnent souvent comme une grande claque en pleine figure. Typos géantes, visuels percutants et couleurs franches sonnent et impressionnent.” Née en 1948 à Washington, Paula Scher étudie à la Tyler School of Art de Philadelphie et débute sa carrière comme directrice artistique chez CBS Records. Elle y réalise principalement des pochettes de disques. En 1984, elle s'associe à Terry Koppel et fonde Koppel & Scher puis rejoint le célèbre studio graphique Pentagram en 1991. Elle y conçoit identités visuelles, packaging et projets éditoriaux pour des clients prestigieux tels que le New York Times Magazine, l'American Museum of Natural History, le Musée d'art de Brooklyn ou encore la Children's Television et le Public Theater de New York. Au début des années 80, elle devient l'une des principales figures du style "rétro" qui fait fureur aux Etats-Unis. Privilégiant la typographie, elle n’hésite pas à convoquer, dans ses différentes productions, les langages hérités des courants avantgardistes qui ont marqué l’histoire de l’art et du graphisme dans la première moitié du XXe siècle. S’inspirant du Constructivisme, du Bauhaus et de De Stijl, elle donne naissance à un style où la rigueur formaliste se mêle à l’iconographie pop. Si l’exposition présentée dans la galerie d’exposition des Silos offre une large place au travail réalisé pour le Public Theater de New York, elle permet aussi de découvrir les productions de Paula Scher pour le Ballet Tech, l’Ecole des arts visuels de New York et le Metropolis Magazine. Constituée à partir de la collection d’affiches contemporaines et d’un récent don fait par la graphiste à la Ville de Chaumont, l’exposition se prolonge au 3e étage des Silos par la présentation de l’Abécédaire produit pour l’imprimeur Ambassador Arts.

• DU NEW YORK PUBLIC THEATER

À AUJOURD’HUI

En 1994, George C. Wolfe fait appel à Paula Scher pour renouveler l’image du New York Public Theater dont il assume depuis peu la direction. En effet, celuici traverse une crise: il connaît une baisse de fréquentation et il est déserté par le jeune public. Succédant au graphiste Paul Davis, qui concevait ses affiches sur le mode de l’illustration, Paula Scher préfère privilégier la typographie et les couleurs fortes. Pour cela, elle s’inspire des affiches des théâtres Victoriens de Londres, composées avec de grandes lettres et rassemblant sur un même support la liste des pièces jouées ainsi que leurs divers lieux de présentation. Le système graphique ainsi élaboré est décliné pour l’ensemble des activités du Public Theater et repris sur chacun de ses supports de communication. Abondamment reproduites dans la presse, diffusées à la télévision et citées dans des films, les affiches de Paula Scher font désormais partie du paysage new yorkais. Copiées par certains théâtres de Brodway, leur auteur est en passe d’être oubliée. Aussi, en 1998, la graphiste décide-t-elle d’abandonner la typographie au profit de la photographie et d’opter pour un style qu’elle qualifie de “sombre et romantique”. Toutefois revenue à des couleurs fortes et à l’usage de la typographie ces dernières années, elle ne cesse d’interroger les relations entre l’écriture et l’image (“Type is image”). Elle travaille actuellement à une série de chiffres qui prennent corps par la juxtaposition d’éléments ou des jeux de superposition d’encres. Rejetant tout automatisme, elle trouve de nouvelles ressources dans ces expérimentations graphiques.

• L’ ABÉCÉDAIRE AMBASSADOR ARTS, 1992 En 1988, l’imprimeur sérigraphe Ambassador Arts propose à Paula Scher de concevoir une affiche qu’il souhaiterait pouvoir offrir à ses clients pour les fêtes de fin d’année. La graphiste américaine répond à cette commande avec “Silence Night” (nuit silencieuse), une affiche qui reprend les codes et l’esthétique Art Nouveau et qu’elle conçoit dans le style rétro qui marque son travail dans les années 80. En 1991, toujours à la demande de l’imprimeur, elle crée “The big A” (le grand A). En même temps qu’il traduit la rupture qui s’opère dans le travail de la graphiste (elle quitte son partenaire pour rejoindre le studio Pentagram), il évoque les bouleversements qui agitent, à cette même époque, les Etats-Unis : les bombardements de l’Irak, la récession économique, le développement de l’informatique, etc.

Ambassador Arts adopte le “Grand A” pour en faire son logo et suggère à Paula Scher de concevoir un alphabet complet. Avec Woody Pirtle, elle sélectionne douze graphistes auquels elle propose cet exercice avec pour seule consigne le respect du format et l’emploi de deux couleurs (le rouge et le noir).

• L’ABÉCÉDAIRE AMBASSADOR ARTS, 1992

A - Michael Bierut B - Peter Saville C - Seymour Chwast D - Paul Davis E - Heinz Edelmann F - Thomas Geismar G - Paula Scher H - Yarom Vardimon I - Paula Scher

J - Paul Davis K - Pierre Mendell L - Seymour Chwast M - Rosemarie Tissi N - Michael Bierut O - Shigeo Kukuda P - Paula Scher Q - Heinz Edelmann R - Rosemarie Tissi

S - Shigeo Kukuda T - Woody Pirtle U - Yarom Vardimon V - Peter Savillel W - Pierre Mendell X - Woody Pirtle Y - Woody Pirtle Z - Thomas Geismar

• LA

LETTRE ET L’IMAGE

La typographie, liée au sens large, à la mise en forme de l’écrit, se charge de rendre visible le sens d’un mot, le contenu d’un texte. Portée par l’évolution des techniques d’impression et l’apparition d’une société de l’image à la fin du XIX e siècle, la lettre imprimée devient de plus en plus calligraphique et finit par abandonner la disposition linéaire des caractères héritée de Gutenberg. Dessinée, elle évoque dans l’affiche, tantôt la lettrine ornée qui marque le début d’un chapitre dans les parchemins enluminés, tantôt cet alphabet anthropomorphique né sous la plume de Daumier. Fantaisiste mais aussi expressive, elle traduit par sa force de corps, ses couleurs et sa matière, des idées ou accentue la réalité d’un mot, souligne l’identité visuelle d’une marque, devient la signature d’une institution ou d’une entreprise. Signe idéographique, elle s’échappe de la ligne, s’incline, ondule à l’image d’un corps qui danse pour enrouler la prose et former un de ces calligrammes si chers à Apollinaire. De même que l’écriture acquiert une valeur esthétique et affirme sa dimension iconique, la disposition des lettres et des mots, leur “mise en page”, participe à la perception du sens, à la lecture du message véhiculé par l’affiche. En se voulant image, la typographie renoue avec les origines iconiques de la lettre. Evoquons un instant l‘aventure de l’écriture. Passant du pictogramme à l’idéogramme, le dessin représentant le plus fidèlement possible le boeuf ou le taureau, s’est progressivement réduit et stylisé. De l’hiéroglyphe égyptien ne subsiste plus chez les Phéniciens que l’image symbolique de la tête de l’aleph. Désignant au départ l’animal, puis le bétail, le signe ne symbolise alors plus que l’idée de force, d’énergie et de vigueur qui lui est attachée. Puis, ne conservant que le son auquel renvoie l’objet, le signe devient phonogramme et s’associe à d’autres signes-sons comme dans les rébus pour former des mots. L’image figurative disparaît, cédant la place à un simple trait sur lequel reposent les cornes. Enfin, le signe ne se référant plus à l’image, ni au son de l’objet désigné, les cornes finissent par traverser la tête . Enfin, il se retourne et, par le principe de l’acrophonie, donne naissance à l’alpha grec, d’où provient le “A” de notre alphabet. Que l’on évoque l’évolution de l’écriture ou de la typographie dans l’affiche, que l’on envisage encore les calligraphies orientales ou les idéogrammes japonais, les signes mayas ou le design de caractères, les logos, les panneaux de signalisation, les enseignes ou même les graffitis qui envahissent la ville, texte et image sont indissociablement liés.

• RESSOURCES

DOCUMENTAIRES

Bibliographie : • Massin, La lettre et l’image, Gallimard • Georges Jean, L’écriture, mémoire des hommes, découvertes Gallimard • José M. Parramon, Comment desssiner lettres et logotypes, coll. Activités Artistiques, Bordas • classes.bnf.fr/dossiecr/index.htm • www.ac-grenoble.fr/argouges/PEDAGOGI/LETTRE/lalettre.htm#image • expositions.bnf.fr/graphis/pistes/index.htm