Sommaire - Hachette

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Page 9. Extrait du livre du professeur . ... directrice de la collection Français Livre unique .... 3) Images publicitaires et timbre autour des fables de La Fontaine.

Sommaire Questions à Hélène Potelet

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Présentation du manuel ................................. Page 4 Liste des transparents .................................... Page 9 Extrait du livre du professeur

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Quelques questions…

à Hélène POTELET, directrice de la collection Français Livre unique

Quels sont les principes qui président à l’élaboration de votre collection Français Livre Unique ?

ainsi construire leur séquence en toute liberté tout en étant guidés dans leur choix.

C’est un livre en deux parties, l’une est consacrée à l’étude des textes, l’autre à celle des outils de la langue. La partie Textes aborde l’étude des grands genres et des textes fondateurs au programme : le conte, le roman, la fable, la poésie, la Bible, l’Odyssée, l’Enéide, les Métamorphoses ; nous y avons ajouté un chapitre sur la lecture documentaire.

Cette page est également importante pour l’élève : elle lui permet de donner un sens à ses apprentissages en matière d’outils de la langue ; elle peut l’aider également à mieux se repérer et à circuler dans l’ouvrage.

La partie Outils de la langue fonctionne par fiches : les notions y sont abordées à partir d’un texte d’observation, suivi d’une leçon, d’exercices et d’une évaluation assortie d'un barême. Les deux parties, textes et langue, sont liées ; elles donnent au professeur les moyens de travailler en séquences, mais lui laissent en même temps une grande liberté d’organisation.

Comment avez-vous lié ces deux parties ? Chacun des chapitres de la partie textes comporte une page de renvoi à la partie langue. C’est cette page qui assure l’articulation et la cohérence de l’ouvrage. Comme elle est sur fond bleu, nous l’avons appelée la « page bleue ». Cette page fait apparaître les notions grammaticales qu’il convient d’étudier au sein de la séquence (dont l’objectif est l’étude d’un genre ou d’un texte fondateur). Cette année, nous avons indiqué en gras les notions dont nous proposons de privilégier l’étude, les notions qui sont des pré-requis et celles qui sont matière à consolidation. Les professeurs peuvent

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Pouvez-vous nous donner un exemple d’utilisation de cette page bleue ? Prenons l’exemple d’une séquence sur le conte : la page bleue propose entre autres un renvoi à la fiche sujet car la notion s’y prête (le héros du conte est le sujet qui agit). Le professeur trouvera donc dans cette fiche des textes supports ou des exercices extraits de contes. Mais dans cette même séquence sur le conte, le professeur peut aborder, ne serait-ce qu’à titre de repérage, d’autres notions tout aussi pertinentes, comme la valeur des temps, les désignations des personnages (les reprises), les compléments circonstanciels. La page bleue propose donc également des renvois à ces fiches qui comportent elles aussi, mais dans une moindre part, des textes supports ou des exercices extraits de contes. Attardons-nous maintenant sur la grammaire. Si l’on prend la fiche « Identifier un nom, un déterminant, un pronom », on voit qu’elle comporte des extraits de contes (en vue d’un repérage), une fable et des extraits de fables (pour une phase d’acquisition), des extraits de textes documentaires (pour un réinvestissement ou des activités de consolidation). Liberté est ainsi laissée au professeur d’organiser sa progression. De même, la fiche « Les expansions du nom » qui contient un extrait de l’Odyssée (la poésie

du texte), un extrait de texte documentaire (les caractéristiques scientifiques), un extrait de roman (brosser un portrait) aide à bien comprendre le rôle et l’utilité des expansions dans les différents textes.

Quelles sont les principales innovations de votre manuel de 6e ? Les élèves et les professeurs retrouveront les points forts des manuels précédents : richesse et abondance des textes littéraires, apports culturels, travaux d’écriture variés, lectures d’images, activités d’oral. Cela dit, nous avons innové notamment sur trois points principaux. Nous avons décidé d’aborder l’étude du discours narratif (par exemple les notions de narrateur, de personnages) sous forme de fiches intégrées à la partie outils ; l’utilisation nous en a paru plus souple sous cette forme. Une seconde innovation concerne la grammaire, présentée sous forme de fiches de quatre ou cinq pages qui correspondent mieux au cadre d’une séance, suivie d’un temps consacré aux exercices et d’une évaluation. Une troisième innovation concerne les activités de lecture : cette année nous proposons de favoriser la lecture personnelle (la lecture cursive) et de mettre en oeuvre des activités qui permettent à l’élève de partager ses lectures avec les autres. Vous avez consacré un chapitre à étude d’une œuvre intégrale. Il s’agit de Cabot-Caboche de Daniel Pennac. Pourquoi ce choix ? Le roman Cabot-Caboche a de grandes qualités littéraires. Nous avons essayé de faciliter le travail de découverte et de repérage par un accompagnement de lecture. Cabot-Caboche est par ailleurs un roman animalier, et l’on sait combien les histoires d’animaux intéressent les jeunes élèves. Mais surtout, il retrace, selon un point de vue original, celui du Chien, un parcours initiatique qui mène de l’enfance à l’âge adulte. Le roman est en outre porteur de valeurs importantes : la loyauté, la solidarité et l’amitié, le respect de la vie... C’est une leçon donnée par Pennac aux hommes et aux enfants d’aujourd’hui.

Les textes fondateurs occupent une place importante dans la partie Textes : pour quelle raison ? Les textes fondateurs constituent une part importante du programme. Ils sont porteurs de références culturelles qui permettent aux élèves de construire des repères et de mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent. Ces textes sont abordés sous forme d’extraits organisés autour d’axes identifiables : par exemple, le parcours du héros épique pour l’Odyssée et l’Enéide, la métamorphose comme principe de création ou punition pour les Métamorphoses, la relation entre Dieu et les hommes et l’écriture biblique pour la Bible. Nous avons aussi essayé de montrer qu’il y a des ponts entre ces différents textes : d’où les rapprochements entre l’Odyssée et l’Enéide mais aussi la lecture croisée de représentations du déluge. Pourquoi avoir consacré une séquence aux écrits documentaires ? Il nous a semblé important de mettre l’accent sur la lecture documentaire. Les évaluations nationales montrent des lacunes importantes dans la saisie et la mise en relation des informations dans ce type d’écrits. La lecture documentaire est en effet une forme de lecture spécifique requérant la construction de compétences particulières, absolument nécessaires pour aborder les disciplines telles que les Sciences de la Vie et de la Terre, l’Histoire et la Géographie. Par quoi commenceriez-vous avec une classe de 6e si vous aviez ce manuel ? Il m’est difficile de répondre parce qu’il n’y a pas de parcours obligé : ce manuel est construit méthodiquement tout en permettant une grande liberté d’organisation. Ma réponse n’est donc pas un conseil, mais un choix parmi d’autres possibles : je commencerais par un travail sur le conte qui a souvent été abordé en cycle 3. Les élèves entrant en 6e ne seront pas déstabilisés. On pourra ensuite introduire rapidement de la nouveauté en abordant les Métamorphoses d’Ovide : lien avec le merveilleux et première imprégnation de culture antique.

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Présentation du manuel Ouverture du chapitre

Une première lecture d’image.

Repères Informations sur le genre, l’auteur, l’histoire littéraire accompagnées de questions.

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Français 6e Livre unique Textes et images Textes choisis selon un ou plusieurs axes de lecture ; questionnement (lire et analyser) ; leçon synthétique ; rubrique Lire et écrire pour réinvestir les notions (courts travaux d’écriture)

Lire l'image Lire l’image : séance de lecture d’image avec questionnement et leçon en lien avec les textes qui précèdent.

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Présentation du manuel Prolongements

Textes complémentaires assortis : - d’une leçon spécifique - de suggestions de lecture - d’activités lexicales liées à la séquence - d’une activité d’oral avec critères d’évaluation - de méthodologie de lecture

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Français 6e Livre unique Page bleue

Lien entre les textes et les outils de la langue, cette page renvoie à toutes les notions à maîtriser pour lire et écrire.

Lecture bilan et écriture

- Lecture-bilan : évaluation faisable en 1 heure, en classe ou à la maison. - Ecriture : travail d’écriture longue dont la réalisation est guidée par des critères de réussite détaillés et des propositions de vocabulaire.

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Présentation du manuel ODL, leçon et exercices Questions d’observation orale et de repérage à partir d’un ou deux textes de base en lien avec les textes de la première partie du manuel.

Leçon construite selon une démarche inductive, à travailler en classe puis à apprendre.

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Exercices de consolidation de la notion, gradués et contextualisés, et exercice d’évaluation (avec barême).

Liste des transparents Collection livre unique Français 6e : liste des 17 transparents A. Reprises de documents du manuel 1) Illustrations de G. Doré, A. Rackham, M. Lindman et F. Lorioux pour « Le Petit Chaperon rouge » de Charles Perrault 2) Roba, planche tirée de 60 gags de Boule et Bill 3) Images publicitaires et timbre autour des fables de La Fontaine 4) Marc Chagall, Paysage bleu (1949) 5) Vase grec représentant Ulysse et les Sirènes (Ve siècle av. J.-C.) 6) Fresque romaine représentant Énée blessé (Ier siècle av. J.-C. 7) Gian Lorenzo Bernin (1598-1680), marbre représentant Apollon et Daphné (1622-1625) 8) Représentations du déluge : mosaïque, tableaux de J. Bassano, M. Merian, M. Chagall

B. Documents complémentaires 1) Fables : « La cigale et la fourmi » par Doré et Grandville 2) Métamorphoses : Poussin, Echo et Narcisse 3-4-5) La Bible : documents 6) L’Éneide : Le Groupe du Laocoon , marbre, IIe siècle av. J.-C 7) Conte : Frédéric Clément (L’oiseau bleu) 8) L’Odyssée : Ulysse reconnu par Euryclée, par Gustave Boulanger 9) Un transparent autour de l’univers de Prévert

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Extrait du livre du professeur

Extrait du livre du professeur ................... Pages 11 à 30 Bon de commande ................................................. Page 31

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Sommaire 1 Le conte Lire l’image Sven Otto Svend, illustration pour « Les cygnes sauvages » d’Andersen Les Instructions officielles

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Repères théoriques et didactiques Pour construire la séquence

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Réponses aux questionnaires 1 Lire un conte de Perrault – « Le maître chat ou le Chat botté » (texte intégral)

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2 Lire un conte des frères Grimm – « Les trois frères » (texte intégral) 3 Lire un conte explicatif – « La légende du coucou », de Natha Caputo (texte intégral)

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4 Lire l’image : illustrations pour « Le Petit Chaperon rouge » de Charles Perrault . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

Prolongements – Activités de lecture – Activités lexicales

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Lecture bilan : évaluation J. et W. Grimm, « Les petits nœuds » (texte intégral)

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Fiches outils 22 Grammaire – Les fonctions liées au verbe : le sujet 32 Orthographe – Le féminin et le pluriel des noms

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1 Le conte Livre de l’élève p. 16-49

Sven Otto Svend, illustration pour « Les cygnes sauvages », conte de Hans Christian Andersen



LIRE

L’ I M A G E

1. L’image présentée est une illustration de Sven Otto Svend (XXe siècle) pour «Les Cygnes sauvages» d’Andersen. En voici l’histoire: un roi a onze fils et une fille nommée Élisa. Ce roi se marie avec une méchante reine qui, très vite, décide de se débarrasser de la petite fille, la plaçant chez des paysans à la campagne ; puis elle transforme ses frères en oiseaux. Ils prennent la forme de cygnes et s’envolent de par le monde. La jeune Élisa grandit, elle a quinze ans et part à la recherche de ses frères. Elle les aperçoit un jour : elle apprend qu’ils retrouvent leur forme humaine la nuit et se transforment en cygnes le jour. Pour les sauver, lui dit une fée en rêve, il lui faut confectionner avec des orties onze cottes de mailles à manches longues et les jeter sur les cygnes. Mais il ne lui faudra proférer aucune parole jusqu’au moment où son travail sera achevé. Alors qu’elle se met au travail, elle est aperçue par le roi du pays qui la conduit dans son château. La malheureuse continue à filer sans dire un mot. L’archevêque du pays la traite de sorcière et demande qu’elle soit brûlée. Au moment où il allume le bûcher, la jeune fille termine la dernière chemise. Les cygnes arrivent au-dessus d’elle, elle leur jette les cottes de mailles et ils prennent forme humaine. Le conte se termine par le mariage d’Élisa et du roi. 2. La scène représentée sur l’illustration est celle où la méchante reine chasse les onze frères du châ-

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Livre de l’élève p. 17

teau. On la voit à la fenêtre : elle vient de jeter un sort aux garçons, devenus des cygnes. Ils s’envolent et se dirigent vers la forêt avoisinante. Voici l’extrait du conte correspondant à l’illustration:

« Envolez-vous de par le monde et tirez-vous d’affaire tout seuls ! » dit la méchante reine. « Volez comme de grands oiseaux sans voix ! » Mais elle ne put tout de même pas faire autant de mal qu’elle l’aurait voulu. Ils se changèrent en onze beaux cygnes sauvages. Avec un cri étrange, ils s’envolèrent par les fenêtres du château et passèrent par-dessus le parc et la forêt. C’était encore très tôt le matin quand ils volèrent au-dessus de l’endroit où leur sœur Élisa était en train de dormir dans la cabane du paysan. H. C. Andersen, Contes, traduction par Marc Auchet © Librairie Générale Française 2003. 3. L’illustration restitue le caractère merveilleux du conte: le château à tourelles est traditionnellement celui des contes de fées ; la méchante reine se reconnaît à sa couronne et à sa chevelure brune, elle use de son pouvoir maléfique en métamorphosant les frères en cygnes. La prédominance des couleurs froides (bleu, vert) contraste avec la blancheur du château et la blancheur des cygnes, et contribue à créer une atmosphère merveilleuse et froide qui renvoie à l’origine nordique du conte.

Le conte

Les Instructions officielles Les citations suivantes du programme et de l’accompagnement des programmes de 6e sont extraites d’Enseigner au collège, français, Programmes et accompagnements (CNDP, 1998).

Lectures Approche des genres ● Un conte ou un récit merveilleux: au moins une lecture dans l’année, choisie dans la littérature française ou étrangère. (Programme, p. 19) ● En raison de l’âge des élèves, le récit, et notamment le conte, sont d’un abord aisé en classe de 6e. [...] À l’occasion de ces lectures, on repère les principales « lois du genre » en discernant les constantes de la structure narrative, ainsi que les dimensions sensible et symbolique des situations mises en scène. Il s’agit donc de toujours associer données formelles, sens et valeur du texte, en évitant tout excès « techniciste » qui consisterait à n’étudier de l’œuvre que sa charpente narrative. (Accompagnement, p. 37)

Écriture Pratiques d’écriture ●

Production d’un récit qui suive l’ordre chronologique. (Programme, p. 20)



Le plaisir d’écrire tient au plaisir de s’exprimer. Un des buts de la classe de 6e est de donner à l’élève les moyens de le satisfaire : le plaisir d’écrire en effet se cultive, l’écriture s’apprend. En ce sens, on travaille en classe les différentes étapes de la production du texte de création. (Accompagnement, p. 40-41)

Oral Textes à écouter, à dire ●

Chaque élève doit être entraîné au cours de l’année à [...] rendre compte d’une lecture. (Programme, p. 22)

Repères théoriques et didactiques Le genre du conte Le mot conte vient du latin computare : « énumérer», puis «énumérer les épisodes d’un récit», d’où « conter ». Le conte appartient à la tradition orale et au folklore avant de revêtir une forme écrite au XVIIe siècle, notamment avec Charles Perrault. Le conte est un genre multiforme. On peut le définir comme un récit en prose (Perrault a écrit cependant quelques contes en vers dont « Peau d’Âne ») appartenant à la sphère de la fiction (espace, temps, personnages sont entièrement coupés de la réalité) et dans lequel interviennent des éléments merveilleux. Le caractère fictif du conte merveilleux est inscrit dès la formule initiale (Il était une fois…) qui invite le lecteur à conclure un pacte féerique. Le conte se définit aussi par sa visée : à la fois récréative et pédagogique.

Les instruments d’analyse ● Le conte se caractérise en grande partie par sa structure formelle. Le folkloriste russe Vladimir Propp (1885-1970) a effectué une analyse structurale du conte merveilleux traditionnel. Il voit dans les contes une mise en jeu d’un certain nombre de variations (noms et attributs des personnages) et

de constantes (les fonctions qu’accomplissent les personnages). Il établit ainsi une liste de trente et une fonctions qui s’enchaînent à partir d’un manque ou d’un méfait initial. En voici quelques-unes : un des membres de la famille s’éloigne de la maison, le héros se fait signifier une interdiction ou reçoit un ordre ; le héros transgresse un interdit, le héros subit une épreuve, il affronte le méchant, il reçoit un auxiliaire magique, il subit une transformation… Les combinaisons sont extrêmement variées ; au terme du conte, la tâche est accomplie, le manque est comblé, le méchant est démasqué, le héros se marie. ●

A. J. Greimas élabore quant à lui le modèle actanciel qui se fonde sur six pôles actanciels ou forces agissantes : sujet, objet de la quête, destinateur, destinataire ou bénéficiaire, adjuvant, opposant.



Il convient de donner aux élèves des instruments de lecture et d’écriture en leur montrant que l’intérêt et la richesse d’un conte résident dans sa puissance narrative, dans les ingrédients que le conteur y a mis et non dans une structure canonique toujours identifiable et invariable. L’activité de création transgresse les structures. C’est dans cette perspective que nous considérons que le schéma actanciel, lié au schéma narratif,

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s’avère un outil d’analyse efficace pour l’étude du conte. Très souvent en effet dans les contes, la séquence initiale (situation initiale et élément déclencheur) présente les personnages, le manque à combler ou le méfait du méchant (ensorcellement d’une mauvaise fée, tourment d’une marâtre…). Les actions correspondent aux épreuves que doit subir le héros, aux adjuvants ou opposants qu’il rencontre; la séquence finale (dénouement et situation finale) montre l’accomplissement du héros (récompense, mariage) et la punition des méchants, pour les contes à visée morale. Le conte explicatif ou étiologique, qui appartient à la catégorie des récits d’origine, suit un schéma très précis : un titre (commençant le plus souvent par Pourquoi? ou Comment?), une situation initiale (En ce temps -là…), un élément déclencheur (Or un jour…), une série d’actions, un dénouement et une situation finale (Et depuis ce jour, voilà pourquoi, c’est ainsi que…).

Objectifs et construction du chapitre Objectifs de réception ● Analyser les caractéristiques d’un conte merveilleux à visée morale. Supports : Perrault et Grimm ● Analyser un conte merveilleux à visée explicative. ● Repérer les constantes des contes et les valeurs mises en jeu. ● Lire et analyser un détournement de conte. Objectifs de productions orale et écrite ● Lire un conte à voix haute. ● Rapporter un conte. ● Écrire un conte merveilleux. Le chapitre propose l’étude de trois contes présentés dans leur intégralité : deux contes merveilleux à visée morale et un conte à visée explicative. Nous avons choisi pour supports de l’analyse deux contes traditionnels issus du patrimoine français ou européen et de structure à peu près canonique: « Le maître chat ou le Chat botté » de Perrault et « Les trois frères » de Grimm. Le conte de Grimm permet en outre d’aborder la dimension initiatique. Le conte de Perrault est découpé en cinq parties ; cette présentation a pour objectif de mettre les élèves en réelle activité de lecture en suscitant leur participation active et en développant leur compétence à savoir anticiper. Umberto Eco, dans Lector in fabula (éd. Grasset, 1985 pour la traduction française), parle de « coopération interprétative » du lecteur. Dans cette perspective, le découpage du texte a été effectué en fonction d’une rupture narrative, « les disjonctions de probabilités » (Eco). À la fin de chaque extrait et avant de lire l’extrait suivant, l’élève est invité à se deman-

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der ce qui va se passer et à construire des hypothèses sur le sens à venir (lecture prospective). La poursuite de la lecture permet d’analyser la validité des hypothèses. Le conte fait l’objet de trois questionnaires fondés sur les axes suivants : ● l’ouverture du conte et la quête ; ● les épreuves, les aides et les opposants, l’introduction du merveilleux ; ● la clôture du conte, ses visées et la morale. À l’issue de l’étude, un questionnaire de synthèse permet à l’élève un retour sur sa lecture, dans la perspective de la lecture de l’œuvre intégrale. Il s’agit alors d’une lecture rétrospective qui invite le lecteur, dans une dimension diachronique, à saisir par exemple l’évolution d’un même élément (évolution d’un personnage) ou, dans une dimension synchronique, à mettre en relation plusieurs éléments de l’œuvre (par exemple les diverses manifestations du merveilleux). Ce retour sur l’œuvre permet au lecteur d’en saisir les nouvelles perspectives de sens. Le conte de Grimm est analysé différemment à partir d’un unique questionnaire, ce qui permet de varier le mode d’approche de la lecture et de réinvestir les notions étudiées. Les axes choisis sont la dimension initiatique (conte relatant le parcours d’un personnage) et la dimension structurelle (le motif de la triple répétition notamment, sur lequel repose la structure de ce conte). Le troisième conte est un conte à visée explicative. Il s’agit d’un conte lapon intitulé « La légende du coucou », qui met en jeu les motifs de la transgression et de la punition, expliquant pourquoi le coucou ne se construit pas de nid et n’élève pas ses petits. L’objectif est de rendre l’élève capable d’identifier le schéma et la structure d’un conte explicatif. Lecture bilan : évaluation Le texte support de l’évaluation de lecture est un conte intégral de Grimm (vingt lignes). À travers le questionnaire, le professeur peut s’assurer des acquis de l’élève au cours de la séquence.

Prolongements Activités de lecture Dans cette partie du chapitre, nous proposons la lecture d’autres extraits de contes, de tous les temps et de tous les pays, ainsi qu’un détournement de conte (« Le Petit Chaperon rouge » de Roald Dahl). L’objectif est de travailler sur les constantes et les variantes du genre et d’aborder le registre parodique. Cette mise en relation de textes appartenant à la même lignée a pour finalité de construire la culture de l’élève. Activités lexicales La rubrique «Activités lexicales» propose une étude du lexique en contextualisation. Dans le cadre

Le conte d’une séquence sur le conte, il paraît pertinent de travailler sur les suffixes féminins en -esse (ogresse) et sur le suffixe péjoratif -âtre (marâtre). Une étude plus systématique du lexique est abordée dans les fiches lexique de la partie « Outils ». Activités d’oral Le conte est associé à l’oralité. Le conte se lit à haute voix et se raconte : ce sont les deux types d’activités que nous proposons à l’oral. Écriture L’écriture se présente sous la forme d’une fiche d’aide à l’écriture du brouillon, avec une banque de mots qui permet à l’élève de choisir et d’enrichir son vocabulaire. Les critères d’évaluation sont clairement posés : l’élève dispose ainsi d’un outil

efficace qui lui permet de relire son travail en vue de la réussite.

Bibliographie ■ Vladimir PROPP, Morphologie du conte, éd. du

Seuil, 1965 et 1970. ■ Marie-Hélène ROQUES, Contes de Perrault, éd. Ber-

trand-Lacoste, 1992. ■ Marc SORIANO, Les Contes de Perrault. Culture

savante et traditions populaires, NRF, éd. Gallimard, 1968. ■ Serge MARTIN, Les contes à l’école, éd. BertrandLacoste, 1997, Collection « Parcours didactiques à l’école ». ■ Bruno BETTELHEIM, Psychanalyse des contes de fées, éd. Robert Laffont, 1972.

Pour construire la séquence Les outils de la langue Différents points de grammaire ou d’orthographe peuvent être abordés en relation avec le conte. La séquence sur le conte se place en général en début d’année de 6e et le professeur a toute latitude, selon le niveau de sa classe, de procéder à des révisions ou d’approfondir des notions. ●

La question de l’énonciation s’impose pour une mise en place rapide de la notion d’auteur et de narrateur (notion qui sera largement revue par la suite).



Puis on peut choisir de travailler : – sur le nom et le déterminant, qui nomme les personnages, les lieux, les objets du conte ;

– sur la fonction sujet (considéré comme actant ou comme patient) ; – sur les temps du passé. ●

Un travail sur le sujet peut s’accompagner d’une séance d’orthographe sur l’accord sujet-verbe (fiche 28); un travail sur le nom pourra être complété par une séance sur la formation du féminin et du pluriel des noms, un travail sur les verbes par une séance sur la conjugaison du passé simple et de l’imparfait (fiche 9). Nous présentons ici, à titre d’exemple, une fiche sur le sujet (fiche 22) et une fiche sur la formation du féminin et du pluriel des noms (fiche 32).

RÉPONSES AUX QUESTIONNAIRES

1 Lire un conte de Perrault Charles Perrault, « Le maître chat ou le Chat botté » (texte intégral)



LIRE

ET

Livre de l’élève p. 20-29

A N A LY S E R

Extrait 1 (p. 20) 1. Le récit est mené à la 3e personne, il ne comporte aucune occurrence d’un je renvoyant à un narrateur personnage. Les personnages reçoivent les désignations suivantes : Un meunier, le maître du chat…

2. a) Dans ce conte, la situation initiale met en scène un meunier pauvre : on soulignera la négation restrictive ne laissa pour tout bien que… (l. 1). Le récit commence directement par une action au caractère lapidaire, rapportée au passé simple et qui renvoie à la spécificité générique du conte ; le

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narrateur souligne que la succession est vite réglée: les partages furent bientôt faits, ni le notaire, ni le procureur n’y furent point appelés (l. 2-3). b) Il n’y a pas d’indication d’époque, on peut imaginer que l’action se déroule au XVIIe siècle (allusion à l’appareil judiciaire, au droit d’aînesse). Les indications de lieu sont imprécises : la scène est mal localisée mais se déroule dans le voisinage du moulin où vivaient les trois frères avec leur père. 3. a) Les personnages sont des paysans, sans nom, sans titre. L’ascension du jeune meunier n’en sera que plus marquante. b) Le meunier laisse pour biens à ses enfants un moulin, un âne et un chat. c) Le dernier des enfants se sent défavorisé puisque seul le chat lui revient. Cette différence de traitement renvoie à la pratique du droit d’aînesse mis en application depuis le Moyen Âge jusqu’au XVIIe siècle, puis sous l’Ancien Régime : aux aînés sont attribués les biens les plus avantageux, tandis que le plus jeune se retrouve spolié. Ce dernier ne peut se consoler d’avoir un si pauvre lot (l. 5). 4. a) Apparaît donc le personnage du chat, moteur de l’action. Le chat a entendu le fils dire qu’il allait le manger et se faire un manchon de sa peau : il intervient à ces mots pour chercher à sauver sa vie, mais en même temps il se présente comme un redresseur de torts, face à l’injustice criante qu’est le droit d’aînesse. Aussi cherche-t-il à convaincre son maître qu’il n’est pas si mal loti que cela : Ne vous affligez point, mon maître, vous n’avez qu’à me donner un sac… (l. 11). b) Le chat propose un marché à son jeune maître : un sac et une paire de bottes contre ses services. Notons que les bottes sont un attribut important, ne fût-ce que parce qu’elles caractérisent le chat



LIRE

ET

c) Le jeune garçon pense que son chat peut l’aider. Il accepte le marché, se fondant sur l’habileté de l’animal qu’il a vu à l’action et qu’il sait à la fois souple et rusé : il lui avait vu faire tant de tours de souplesse (l. 14-15). Cette mention de la souplesse du chat ne peut que rappeler, dans le contexte du XVIIe siècle, les contorsions et la souplesse d’échine des courtisans. 5. On peut faire remarquer aux élèves que Le Chat botté ne commence pas par la formule traditionnelle qui ouvre les contes merveilleux : Il était une fois. Le début pourrait correspondre à la situation initiale d’un récit socio-historique abordant le problème des droits de succession (présence du champ lexical de la justice). Mais le caractère merveilleux du conte est introduit avec l’apparition du personnage du chat mi-homme, mi-bête, qui parle et s’humanise.

A N A LY S E R

Extraits 2, 3, 4 (p. 22-25, questions p. 26) 1. On montrera aux élèves que le narrateur, bien qu’absent de l’histoire, peut néanmoins intervenir par des commentaires notés ici entre parenthèses. On peut rappeler que ces interventions renvoient à l’oralité du conte. En même temps, le narrateur instaure une distance par rapport au récit et crée une complicité avec le lecteur. On notera le ton ironique du second commentaire (car il était beau et bien fait de sa personne) : le narrateur ajoute ici une précision qui va de soi pour un héros de conte, c’est aussi un clin d’œil qui prévient le lecteur de l’idylle qui se prépare… 2. a) b) Dans le premier paragraphe de l’extrait 2, le chat est le sujet grammatical de nombreux verbes d’action au passé simple, temps de premier plan permettant la progression du récit: il se botta, il en prit les cordons, s’en alla dans la garenne, il mit du son, il attendit, le prit et le tua, il s’en alla,

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dans le titre même du conte, qui repose sur une mise en relation intéressante maître chat / chat botté: le chat botté devient maître chat grâce à ses bottes, les bottes étant sans doute le signe du statut social associé à un symbole de virilité. Mais elles n’ont cependant pas les pouvoirs de celles du petit Poucet ; elles gêneront le chat, même lorsqu’il sera chez l’ogre et qu’il lui faudra sauter sur le toit : Le chat fut si effrayé de voir un lion devant lui, qu’il gagna aussitôt les gouttières, non sans peine et sans péril, à cause de ses bottes qui ne valaient rien pour marcher sur les tuiles (l. 95 à 98, p. 25). On peut se demander comment le meunier s’est procuré le sac et les bottes. La confrontation de plusieurs albums peut s’avérer intéressante : on s’aperçoit que, pour certains illustrateurs, le meunier a dépouillé un épouvantail, pour les autres a fouillé les malles d’un grenier, pour d’autres encore s’est fourni chez un marchand de chaussures.

demanda, fit une grande révérence. On notera que les verbes d’action sont moins nombreux dans les extraits 3 et 4 : le chat se comporte davantage en beau parleur misant sur la parole, le langage (appel à l’aide, menace, flatterie). Dans l’ensemble du conte, c’est donc le chat qui mène le jeu, avec rapidité et efficacité, comme en témoigne le relevé des indications temporelles dans l’extrait 2 : lorsque, et, à peine, aussitôt, une autre fois, lorsque, ensuite, encore, un jour… 3. a) Le chat cherche à faire la fortune de son maître. Il lui est un serviteur dévoué, préfigurant les valets de comédie dans l’art de la tromperie et de l’intrigue, les Scapin, Arlequin ou Figaro. En même temps et surtout, le chat agit pour lui; n’oublions pas que sa première motivation a été de sauver sa vie. Il sait que l’ascension de son maître lui profitera également. On peut se demander si ce n’est pas lui le premier bénéficiaire de l’action.

Le conte Stratagèmes

Personnage(s) trompé(s)

Bénéficiaire

Enjeu

La mort feinte

Gibier (lapin, perdrix…)

Le meunier

titre

La fausse noyade

Le roi

Le meunier

vêtements

La menace, le mensonge

Le roi

Le meunier

terres

La métamorphose

L’ogre

Le meunier

château

b) Le chat met en œuvre différents stratagèmes. ●

Première ruse: la mort feinte. C’est grâce à une ruse de prédateur averti que le chat va pouvoir « corrompre » et tromper le Roi. Sous l’Ancien Régime, seuls les nobles avaient le droit de chasse, les manants étant réduits au braconnage, au risque d’être pris et condamnés à mort. Porter ostensiblement du gibier au roi en guise de présent implique que le maître de ce serviteur zélé est un noble seigneur. Pourquoi pas un marquis ? et s’étendant comme s’il eût été mort : le chat contrefait le mort pour attraper ses proies. La ruse de la mort feinte permet de travailler sur l’intertextualité de ce passage : on peut faire comparer avec l’épisode de la mort feinte du Roman de Renart, où le goupil fait semblant d’être mort afin de berner les marchands et de dérober leurs anguilles, ou encore évoquer cet autre moment du Roman de Renart où le coq Chanteclerc échappe de justesse à ce filou de renard qui se faisait passer pour blessé et inoffensif. La fable de La Fontaine « Le Chat et un vieux Rat » relate une situation identique mais qui se termine de façon différente : le vieux rat ne se laisse pas duper par le matou ! On peut aussi lire la scène du Malade imaginaire où Argan simule la mort pour confondre l’hypocrisie de sa femme et révéler l’amour vrai que lui porte sa fille.



Deuxième supercherie : la fausse noyade. Par cette nouvelle tromperie, le chat ajoute une autre pièce à un plan parfaitement conçu et mis en œuvre : Si vous voulez suivre mon conseil, votre fortune est faite. La fausse noyade est, en effet, un moment charnière du récit. Dans cet épisode, le faux marquis de Carabas qui n’a pour l’instant que son nom doit se dépouiller de ses hardes de meunier et changer de condition. L’habit devient alors le signe de son nouveau statut social (on le rapprochera du rôle que joue l’habit dans Cendrillon ou Les Habits neufs de l’Empereur d’Andersen). Le motif de l’habit annonce la deuxième moralité du conte de Perrault (C’est que l’habit, la mine et la jeunesse… n’en sont pas des moyens toujours indifférents) et renvoie à l’opposition entre l’être et le paraître (voir par exemple la fable de La Fontaine « Le Cochet, le Chat et le Souriceau » : Garde-toi, tant que tu vivras, de juger les gens sur la mine). ● Troisième tromperie: la menace aux paysans. Le chat poursuit l’exécution de son plan : après le titre et l’habit, le maître chat donne au jeune fils

du meunier les terres qui doivent constituer la propriété d’un seigneur d’importance (Le roi était étonné des grands biens de monsieur le marquis de Carabas, l. 78-79). Il faudra ici souligner l’importance de la formule qui revient comme une ritournelle et participe de l’oralité du conte (Bonnes gens qui fauchez… comme chair à pâté). On ne sait pas sur quel ton le chat profère ces paroles: de façon malicieuse ou menaçante si l’on s’en réfère à la peur des paysans (car la menace du chat leur avait fait peur, l. 6263). ●

Dernière ruse: celle de l’ogre, personnage principalement identifié par les enfants dans sa fonction de dévoration. Mais là, l’ogre n’est pas celui du petit Poucet, sorte de Cronos qui mange ses enfants. Magicien et grand seigneur, cet ogre est particulier : il possède de grandes richesses et a le don de se métamorphoser, de prendre toutes sortes d’apparences. Sa vanité va, par ailleurs, le conduire à sa perte. Notons que le chat, en bon prédateur, adapte les ruses à ses victimes; faisant preuve d’intelligence fine, il multiplie les défis que l’ogre relève… à ses dépens. C’est la ruse du petit contre le géant ; le chat rappelle David contre Goliath, Ulysse contre Polyphème. Le chat acquiert ainsi le château pour son maître : le couvert y est mis qui attend le roi et la princesse Fortune est définitivement faite ! c) Les différentes actions s’accompagnent d’un changement de lieu : la garenne, le bord de la rivière, le pré que fauchent les paysans, le champ de blé, le château de l’ogre. Il y a progression, le patrimoine du meunier s’agrandit. 4. Le chat a des qualités physiques (il est vif, souple et adroit) et intellectuelles : il est intelligent, rusé, habile à parler, à concevoir et à exécuter un plan en anticipant sur l’événement (prit les devants, l. 55). En même temps, il défie la morale en n’hésitant pas à terroriser plus faible que lui ou à supprimer son adversaire. Maître en fourberies, manipulateur, flatteur, il ressemble fort à certains courtisans de la cour de Louis XIV. 5. a) Le personnage du chat repose sur une ambivalence : tantôt animal quand il attrape les souris (extrait 1, l. 16), lorsqu’il marche sur les gouttières du château de l’ogre (l. 96), ou encore lorsqu’il mange l’ogre devenu souris (l. 111-112), tantôt humain quand il attrape le gibier comme les pay-

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sans d’alors, lorsqu’il parle avec les paysans ou avec le roi et lorsqu’il mène son plan à exécution. Les bottes ne possèdent pas dans ce conte de pouvoir magique. Elles élèvent le chat au rang d’homme, lui donnant la position de bipède, mais surtout elles font de lui un seigneur, le port des bottes étant signe de noblesse.



LIRE

ET

A N A LY S E R

Extrait 5 (p. 27) 1. a) L’ogre est vaincu, et le roi, ébloui par les qualités du marquis de Carabas, lui donne sa fille en mariage : Il ne tiendra qu’à vous, monsieur le marquis, que vous ne soyez mon gendre (l. 17-18). Tel est le dénouement. b) Le conte s’achève sur une fin heureuse pour chacun des personnages : itinéraire initiatique réussi, mariage de deux jeunes gens, assurance pour le chat de couler des jours heureux. c) d) Le fils du meunier, spolié au début par l’application inique du droit d’aînesse, est désormais riche et noble, époux d’une princesse : le château est la preuve matérielle de la réussite du héros et le signe de son ascension sociale. Le chat, sur le point d’être sacrifié au début du conte, devient grand seigneur. 2. Le maître du chat a eu raison de faire confiance au chat qui a su mener le jeu en sa faveur: une identité, un titre, des terres, un château et enfin la fille du roi. On peut se demander alors qui est le héros de ce conte, le fils du meunier ou le chat. Le titre même du conte, l’omniprésence du chat laissent à penser que le chat est le héros. Les destins des deux personnages sont de toutes façons liés. Le pauvre hère devient prince grâce à son adjuvant ingénieux. 3. a) Le mot maître dans le titre signifie « expert » (du latin magister : « qui se tient plus haut »). b) Le narrateur joue sur le mot maître qui signifie aussi possesseur d’un animal domestique. Le véritable maître est bien le chat, c’est lui qui mène le jeu face à un maître passif et sans initiative. 4. Le roi et sa fille sont séduits l’un et l’autre par le marquis de Carabas parce qu’il possède de grands biens (l. 15). La princesse a, de plus, été séduite par le physique du jeune homme. Le comportement du père et de la fille prête à la critique : tous deux n’accordent de valeur qu’à l’argent et au statut social, qualités qui priment sur toutes les autres pour les nobles et les courtisans au XVIIe siècle. Crédules, imprudents, le roi et sa fille ont été trompés par les apparences. La princesse, qui s’est enflammée pour le jeune homme dès le premier regard, passe en outre pour naïve et irréfléchie. 5. a) Le titre exact des contes de Perrault est Histoires ou Contes du temps passé avec des morali-

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b) Le personnage de l’ogre appartient à la sphère du merveilleux. Cet ogre possède de grandes richesses et a le don de se métamorphoser, de prendre toutes sortes d’apparences. C’est sa vanité qui le conduit à sa perte. Il est mis en échec en exerçant son pouvoir, puisqu’en se transformant en souris, il tombe sous la patte du chat.

tés. Perrault affirme dans la dédicace à Mademoiselle (Élisabeth-Charlotte d’Orléans, nièce de Louis XIV) l’importance du contenu éducatif des contes : Ils renferment tous une morale très sensée, et qui se découvre plus ou moins, selon le degré de pénétration de ceux qui les lisent. Les moralités se présentent sous la forme de vers (sizains construits sur la succession de deux rimes plates suivies par deux rimes embrassées). Avec l’introduction de moralités et le passage de la prose aux vers, Perrault instaure un double niveau de lecture: une histoire à visée pédagogique, destinée à frapper l’imagination des jeunes enfants ; une lecture plus mondaine destinée aux adultes cultivés de la cour. N’oublions pas que les contes, très en vogue, sont racontés dans les salons de l’époque et s’adressent aussi aux seigneurs et courtisans. b) La première moralité est ambiguë : elle montre la primauté du mérite sur la naissance, illustrant le débat qui va occuper les XVIIe et XVIIIe siècles. Perrault met en avant l’esprit et le talent individuels, seuls véritables facteurs de la réussite sociale. Rappelons que Perrault est un jeune bourgeois qui, auprès de Colbert puis en tant qu’écrivain, est parvenu aux plus hautes sphères de la cour du Roi de France. Perrault, par cette moralité, sous-entend donc la fragilité des seuls biens acquis et met en garde les jeunes gens, en cette fin de règne, contre une confiance excessive en leur héritage. En même temps, cette morale apparaît comme cynique: l’habileté du chat ne consiste-t-elle pas à défier la morale et l’ordre établis ? Maître dans l’art du mensonge et de la fourberie, habile à parler, à flatter, à menacer, sa morale s’apparente bien à celle de nombreux courtisans sans scrupules de la cour de Louis XIV, prêts à tout pour réussir. 6. La seconde moralité, en apparence plus légère, met avec humour l’accent sur l’importance du paraître, de l’apparence. L’habit fait donc le moine et permet de gagner des cœurs ! Mais ce sont les défauts de la société de la cour de Versailles qui sont visés et persiflés… Lire l’image (p. 22, 24, 25) 7. a) Les représentations du chat mettent l’accent tantôt sur l’animalité du personnage, tantôt sur son humanisation : alors que certains illustrateurs s’en tiennent au texte, qui ne mentionne que le sac et les bottes, d’autres choisissent d’habiller le chat de pied en cap.

Le conte – Sur l’illustration de la page 22 d’Adrien Marie, le chat apporte au roi les produits de sa chasse. Il a l’apparence du chat : têtes, pattes, queues, fourrure tigrée, taille. Mais il revêt une certaine apparence humaine par le fait qu’il se tient debout, qu’il porte son sac à son cou ainsi que ses bottes. – Sur l’illustration de la page 24, le chat appelle à l’aide, prétendant que son maître se noie. Il est for-



LECTURE

tement anthropomorphisé, a une taille humaine et porte des vêtements humains. Il n’a du chat que la tête et la queue. – Sur l’illustration de la page 25, le chat a retrouvé la taille de l’animal, il ne porte pas de vêtements, ses seuls attributs sont ses bottes et un chapeau. b) C’est l’illustrateur auteur de l’image reproduite page 21 qui a représenté le chat le plus humanisé.

INTÉGRALE

1. Contrairement à la plupart des contes de Perrault dont l’action se passe à un époque indéterminée, Le Chat botté renvoie à un univers référentiel relativement identifiable. La réalité sociale du XVIIe siècle est présente à travers un certain nombre d’indices : l’existence du droit d’aînesse, du droit de chasse dévolu seulement aux seigneurs, la soumission des paysans… L’action se déroule à la campagne ; les éléments qui constituent le cadre sont une garenne, une rivière, une route longeant les prairies et les champs de blé, le château de l’ogre, le palais royal. 2. a) L’action peut durer quelques mois : pendant deux ou trois mois (l. 24, extrait 2); Un jour (l. 29, extrait 3)… L’action s’accélère à partir de l’extrait 4. b) Le chemin de la réussite va du moulin au palais du roi en passant par la garenne (extrait 2), la rivière, le pré, le champ de blé (extrait 2), le château de l’ogre (extrait 3). On constate une sorte de progression qui témoigne de l’agrandissement du patrimoine du meunier. 3. a) b) Le mot chat est présent deux fois dans le titre. Il s’agit du héros éponyme. Pourtant, le récit s’ouvre sur le jeune meunier dont on va relater l’histoire, possesseur du chat désigné comme un si pauvre lot (l. 5, extrait 1). Le meunier, à la ligne 15 du même extrait, est encore le maître du chat mais dès la ligne 8 de l’extrait 2, le chat reçoit l’appellation de maître chat. Il devient dès lors le véritable héros du conte : omniprésent et très actif, il éclipse son maître. Le premier titre du conte est Le maître chat. Maître est le titre donné à une personne pour l’excellence de son talent dans l’exercice d’un art, d’un métier. Or, le chat excelle face à tous : il sait exploiter les faiblesses et la crédulité de son entourage. Le jeune meunier n’a aucune initiative, le roi est crédule et imprudent, l’ogre est imprudent par vanité. Le chat est le véritable « maître » de la situation… et finalement maître de son maître. c) Le second titre du conte est Le Chat botté. Les bottes sont l’attribut qui transforme le chat et lui confèrent le statut qu’il occupe tout au long du conte. On peut s’interroger sur la signification symbolique des bottes. On a vu que les bottes réclamées par le chat n’ont pas les pouvoirs magiques des bottes de sept lieues du petit Poucet ou de la Belle au bois dormant. Elles ne lui servent à rien,

bien au contraire puisqu’elles représentent un handicap lorsqu’il monte sur le toit. En revanche, elles lui semblent indispensables pour entrer dans son rôle, dans l’action, c’est d’elles que le héros tirera sa force. Dans l’imagerie et l’imaginaire collectifs, elles sont définitivement associées à la noblesse et à ses seigneurs, alors que, dans la symbolique des vêtements, elles représentent plus largement la virilité. Les bottes sont également un instrument du merveilleux puisqu’elles contribuent à humaniser le chat. 4. Le chat est présenté comme un animal, rusé, vif, souple et adroit, bon chasseur de souris et de rats (l. 15, extrait 1). Par ailleurs, il possède des caractéristiques humaines : il est posé et sérieux (l. 10, extrait 1). Il est ingénieux, intelligent, a des talents de mise en scène, se montre capable de concevoir un plan en anticipant sur les événements, sait habilement s’informer sur les promenades du roi, sur l’ogre et son domaine, sait trouver les arguments qui conviennent face au roi, aux paysans, à l’ogre. La dernière phrase du conte résume l’ambiguïté du personnage qui devient grand seigneur dans les deux sens du terme, épargnant les souris: Le chat devint grand seigneur, et ne courut plus après les souris que pour se divertir. Le jeune meunier possède la beauté physique (car il était beau et bien fait de sa personne, l. 50, extrait 3) et surtout, il sait faire confiance à son chat chez lequel il a perçu des qualités d’adresse utiles. Peu à peu, il parvient à assumer sa nouvelle identité jusqu’à séduire facilement la princesse. Les deux personnages forment un couple uni, inséparable: le meunier donne au chat l’occasion d’exercer ses talents, le chat permet au meunier de gagner tout ce à quoi il ne pouvait pas prétendre. 5. a) Le meunier au début du conte est orphelin, il n’a pas de nom. En tant que cadet, il reçoit un chat en héritage et sombre dans le désespoir. Quelques mois plus tard, à la fin du conte, il a acquis une identité, un titre, des richesses, un château, il épouse la fille du roi… Il a effectué une prodigieuse ascension sociale grâce à l’aide de son ingénieux adjuvant, son chat. On peut parler d’itinéraire initiatique. b) Le chat montre un véritable génie en matière de stratégie: il crée de toutes pièces une identité à son maître, avec un nom fantaisiste et un titre presti-

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gieux qui lui confèrent une existence virtuelle dans l’imaginaire du roi. Il va ensuite donner vie à ce personnage en le vêtant et en le dotant de grandes richesses, moyennant quelques intimidations.

6. Le chat ne fait pas particulièrement preuve de moralité : il flatte, ment, n’a aucun scrupule à terroriser plus faible que lui ou à supprimer son adversaire. La fin justifie les moyens.

c) Le chat peut compter dans le conte de Perrault sur la gratitude de son maître. Il a gagné un titre et la tranquillité (Le chat devint grand seigneur, ne courut plus après les souris, que pour se divertir, l. 21-22). Son avenir à lui aussi était plutôt sombre: son maître envisageait de le manger et de faire de sa fourrure un manchon.

7. Les qualités mises en avant pourraient être l’esprit d’initiative, l’intelligence, le savoir-faire qui l’emporteraient sur les biens acquis, c’est-à-dire la richesse et les titres de noblesse. Mais le conte met en discussion les valeurs : les moyens utilisés par le chat sont malhonnêtes et dénotent un arrivisme de cour que Perrault met en question.

2 Lire un conte des frères Grimm Jacob et Wilhelm Grimm, « Les trois frères » (texte intégral)



LIRE

ET

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1. Les auteurs de ce conte sont Jacob et Wilhelm Grimm. Le conte a été écrit en langue allemande.

gneurs (l. 19), le maître d’armes apprend à ne pas se décourager malgré les blessures (l. 19-21).

2. Le récit est mené à la troisième personne, aux temps du passé (temps de référence: passé simple).

c) Ce qui pousse chacun des fils à une telle exigence de perfection, c’est la perspective d’obtenir la maison conformément au vœu du père (le meilleur chef-d’œuvre, la plus haute maîtrise, l. 910). La motivation à agir est un des pôles du schéma actanciel appelé le destinateur.

3. Le conte commence par la formule Il y avait (Il y avait un homme…), variante de Il était une fois. 4. a) b) c) Le conte s’ouvre sur la présentation d’une famille pauvre mais unie : un homme, trois fils, liés par une grande affection (qui les aimait tous trois également) ; mais il y a un déséquilibre initial : le père se demande comment faire un partage de ses biens, étant donné qu’il n’a qu’une maison qu’il ne veut pas vendre. d) La situation initiale est présentée à l’imparfait, temps de l’arrière-plan (l. 1 à 6). 5. a) Le père a une idée : mettre ses fils en compétition dans l’art d’exercer un métier ; à celui qui aura la plus grande maîtrise de son art reviendra la maison. b) L’action est engagée avec l’expression au passé simple : une bonne idée lui vint (l. 6-7). 6. a) Intervient le motif de l’éloignement de la maison ; chacun des fils quitte la maison pour apprendre un métier : l’aîné apprend à ferrer les chevaux des écuries royales, le deuxième apprend à devenir barbier en rasant les plus fameux seigneurs, le troisième se lance dans le métier des armes, apprenant à supporter toutes les blessures. b) Chacun apprend son métier à la perfection (le plus complet enseignement). Le forgeron fait son apprentissage dans les écuries royales (l. 17), le barbier rase les plus fameux sei-

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Livre de l’élève p. 30-31

d) Chacun des fils apprend son métier avec des maîtres très compétents (d’une rare excellence). 7. a) Dans un conte, le passage du déséquilibre initial à l’équilibre final suppose une série d’actes ou d’épreuves exceptionnels qui vont qualifier le ou les personnages. De retour chez leur père, chacun affronte une épreuve: le deuxième fils, devenu barbier, rase les moustaches d’un lièvre en pleine course ; l’aîné, devenu maréchal-ferrant, ferre un cheval alors qu’il est au galop ; le cadet fait tourner son épée si vite au-dessus de sa tête qu’il ne reçoit pas une goutte d’eau, alors qu’il pleut à verse. b) Chacun des trois fils réussit ses épreuves ; le père est chaque fois de plus en plus émerveillé. c) Les épreuves sont rapportées au passé simple (Il attrapa, fit mousser, l. 31 ; tira son épée, la fit tournoyer, l. 47-48 et 54). 8. a) Après le choix du père, les frères décident de rester ensemble dans la maison car ils s’entendent bien. b) La situation de déséquilibre initial s’est transformée en situation d’équilibre : les trois frères se partagent l’héritage, aucun d’eux n’est exclu du partage. Leur situation s’améliore grandement, ils

Le conte exercent un métier en gagnant beaucoup d’argent grâce à leur exceptionnelle habileté. c) À leur mort, ils sont mis tous trois dans le même tombeau ; ils demeurent ensemble, liés par leur affection et leur exceptionnelle maîtrise. d) Le conte se clôt par un commentaire du narrateur au présent d’énonciation. Si les faits racontés renvoient à un autre temps, un autre lieu, ce commentaire leur confère un caractère authentique en les ancrant dans une réalité légendaire. 9. Les épreuves accomplies par les fils relèvent du merveilleux par le caractère extraordinaire de l’exploit. Dans les contes de Grimm, le merveilleux contribue souvent au rétablissement de l’ordre. 10. Les contes de Grimm renvoient souvent à des nombres symboliques : données binaires (« Blanchette et Rosette ») ou ternaires (« Le diable aux trois cheveux d’or »). Ici, on note : trois frères, trois épreuves à accomplir, un scénario qui se répète trois fois. Le chiffre trois symbolise la perfection. 11. a) Les valeurs morales mises en œuvre sont celles de la fraternité, de l’exigence vis-à-vis de soimême, du courage face au travail.

Les autres valeurs sont le travail bien fait, la maîtrise et l’amour du métier : l’on gagne sa vie en exerçant un métier et en l’exerçant bien. Ces valeurs d’exigence rappellent celles du compagnonnage dont chaque membre (compagnon) se doit de produire un chef d’œuvre. b) La fraternité n’est pas seulement un lien de sang, elle est aussi solidarité entre les hommes. Lire l’image (p. 31) 12 et 13. L’illustration date du XXe siècle. La phrase du conte qui pourrait lui servir de légende est : Il attrapa son plat à barbe et son rasoir, fit mousser son savon jusqu’au moment que passa le lièvre, et, le prenant en pleine course, il réussit à le savonner et à lui raser les moustaches sans la moindre égratignure (l. 31-33). On notera le décor et le vêtement du personnage que l’illustrateur a voulu ancrer dans le cadre de l’Allemagne à l’époque des frères Grimm. On notera également la façon dont il a rendu le mouvement et restitué ainsi le caractère merveilleux de la scène.

3 Lire un conte explicatif Natha Caputo, « La légende du coucou » (texte intégral)



LIRE

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Livre de l’élève p. 34-35

A N A LY S E R

1. Ce conte est originaire de Laponie (région de l’Europe septentrionale couvrant le nord de la Norvège, de la Suède, de la Finlande).

qui marque la rupture ; l’indication temporelle qui l’introduit est Et un jour (Et un jour, elle tomba malade, l. 24).

2. a) Les personnages en présence sont une mère et ses quatre enfants. Le narrateur donne une image négative des enfants: il les montre désobéissants et méchants (l. 5), insouciants, ne songeant qu’à courir et jouer dans la neige (l. 5-6), salissant la maison, au mépris du travail de leur mère qui devait balayer et essuyer (l. 11). Le narrateur insiste sur la fatigue de la mère : la pauvre mère peinait et se fatiguait sans cesse (l. 19) et sur le travail dont elle est accablée : ménage, cuisine, confection et entretien des vêtements.

4. La mère demande de l’aide à ses enfants, elle réclame notamment à boire. Les enfants refusent, trouvant des prétextes (Je n’ai pas mes bottes ; Je n’ai pas mon bonnet ; Je n’ai pas ma veste).

b) Telle est donc la situation initiale : une mère qui s’épuise, des enfants égoïstes. Le temps utilisé est l’imparfait de répétition : les actions se répètent sans espoir de changement, la fatigue de la mère s’accumule au point qu’elle en tombe malade. 3. L’événement qui lance l’action est donc la maladie de la mère. Le temps utilisé est le passé simple,

5. a) Les enfants continuent de jouer, toujours aussi égoïstes et insouciants. Soudain, l’un d’eux entre dans la yourte et assiste à la métamorphose de sa mère en oiseau. b) Les étapes de la métamorphose sont les suivantes : la robe se couvre de plumes ; la planche pour racler les peaux devient queue; le dé à coudre devient bec ; les bras deviennent ailes. 6. Les enfants poussent des cris et courent après leur mère, lui proposant, trop tard, de lui apporter de l’eau. Ils courent longtemps et finissent par se blesser, tachant le sol de leur sang. L’histoire se termine mal pour eux : ils devront se débrouiller seuls à l’avenir.

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7. a) L’expression qui introduit l’explication est Et c’est depuis ce temps, dit-on, chez les Lapons, que… b) Ce conte a une visée explicative. Il explique pourquoi le coucou ne construit pas de nid et n’élève pas ses petits. Il explique aussi la présence de la mousse rouge dans la toundra (elle vient du sang des enfants). c) Le présent est un présent de vérité générale. d) On peut reformuler le titre en posant la question : « Pourquoi le coucou n’a-t-il pas de nid et n’élève-t-il pas ses enfants ? » et « Pourquoi la mousse de la toundra est-elle rouge par endroits?»

8. Les enfants ont eu envers leur mère un comportement inacceptable, témoignant d’un égoïsme profond et d’un manquement à toutes les règles de piété filiale et d’humanité. Ils ont été punis en étant à jamais privés de leur mère. Ce conte a aussi une visée morale : lorsque l’on se monstre égoïste et inhumain, que l’on manque à son devoir filial, on est sévèrement puni, de façon irrémédiable. Au terme de l’étude, il serait intéressant de demander aux élèves d’effectuer une recherche documentaire sur le coucou.

4 Lire l’image Illustrations pour « Le Petit Chaperon rouge » de Charles Perrault



OBSERVER

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1. Gustave Doré (1832-1883), illustration pour « Le Petit Chaperon rouge » (1862), gravure, 33 x 27 cm (éd. Jules Hetzel). 2. Arthur Rakham (1867-1939), illustration pour « Le Petit Chaperon rouge » (1902), 29,6 x 23,1 cm (BnF, Paris). 3. Maj Lindman (XXe siècle), illustration pour « Le Petit Chaperon rouge » (1932). 4. Félix Lorioux (1872-1964), illustration pour « Le Petit Chaperon rouge » (1920), 30,7 x 23,7 cm (éditions Hachette) La lecture de l’image invite l’élève à une analyse comparée de quatre illustrations du «Petit Chaperon rouge» d’époques et de factures différentes (voir transparent): la première de Gustave Doré (18321883), la seconde d’Arthur Rackham (1867-1939), la troisième de M. Lindman (XXe siècle), la quatrième de Félix Lorioux (1872-1964). Pour cette étude, il serait intéressant de proposer aux élèves la lecture du «Petit Chaperon rouge» de Perrault et de Grimm. 1. Le conte illustré par chacune de ces images est « Le Petit Chaperon rouge ». Les documents 1, 2, 3 et 4 ont été créés par des illustrateurs du XIXe et du XXe siècle: Gustave Doré, Arthur Rackham, Félix Lorioux, Maj Lindman. Il convient de signaler que de nombreux artistes contemporains se sont également attachés à l’illustration de ce conte, parmi lesquels Sarah Moon en 1983, Lisbeth Zwerger en 1983, Jean Claverie en 1994. 2. L’illustration 4 de Felix Lorioux figure en première de couverture, ainsi qu’en témoignent la présence du titre et du nom de l’éditeur (Librairie Hachette). La couverture joue ici sur un effet de

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Livre de l’élève p. 38

prolepse : elle dévoile, non sans malice, la scène où le loup épie le Petit Chaperon rouge. Les autres illustrations figurent à l’intérieur des albums. 3. a) b) Les illustrations 2, 3 et 4 sont des dessins tandis que l’illustration de Doré est une gravure. c) Les illustrations 2, 3 et 4 se distinguent par l’emploi de la couleur et la nature du dessin. Lindman et Lorioux (illustrations 3 et 4) emploient des couleurs franches et variées, où domine une belle harmonie de tons rouges et orangés. Rackham (illustration 2), lui, se limite à une palette chromatique plus réduite, mettant surtout en valeur la couleur rouge, celle du chaperon et de ses cheveux. On notera le contraste entre les deux à-plats, le rouge du chaperon et le blanc du drap. Le dessin est assez chargé : rideaux, matelas, couverture à motif. Les dessins des illustrations 3 et 4 apparaissent comme plus enfantins et s’adressent plus manifestement à des enfants: chez Lindman, le trait est net, les contours sont bien dessinés, l’ensemble tend à la simplicité ; chez Lorioux, le dessin se fait plus naïf et plus malicieux. 4. Les illustrations 1 et 2 (Doré et Rackham) présentent des scènes d’intérieur: les illustrateurs donnent à voir la chambre de la grand-mère et plus précisément le lit avec ses draps défaits. La présence du rideau renforce l’intimité de la scène tout en lui conférant un caractère théâtral. L’illustration 4 montre une scène d’extérieur, une scène champêtre: l’illustrateur a représenté la campagne verdoyante et fleurie. Le fond jaune fait penser à un grand soleil qui inonde la scène de lumière.

Le conte Dans l’illustration 3, on notera la présence à la fois de l’intérieur et de l’extérieur. Cependant, il s’agit bien d’une scène d’intérieur puisque le spectateur est placé du côté du loup, et plus précisément du lit où se trouve le loup. La porte est ouverte sur l’extérieur, le bouquet de fleurs que la fillette tient au bras est là pour rappeler la promenade qu’elle vient de faire au milieu de la forêt: si je faisais un bouquet pour grand-mère, se dit-elle, cela lui ferait plaisir… Sans attendre, elle quitta le chemin pour entrer dans le sous-bois et cueillir des fleurs. (Grimm) 5. Chacune des illustrations présente le duo fillette / loup et correspond à un moment précis de l’histoire. On peut retrouver l’ordre du conte : – L’Illustration 4 représente le départ du petit chaperon rouge : Le petit chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa mère-grand, qui demeurait dans un autre village. En passant dans un bois elle rencontra compère le loup, qui eut bien envie de la manger. (C. Perrault) – Les illustrations 2 et 3 correspondent à l’arrivée chez la grand-mère. L’illustration 3 est proche du conte de Grimm où n’apparaît pas la célèbre et terrifiante formule Tire la chevillette et la bobinette cherra mais où le petit Chaperon rouge trouve la porte ouverte : La porte était ouverte et cela l’étonna… L’illustration 2 de Rackham correspond à la suite de l’histoire : mais comme personne ne répondait, elle s’avança jusqu’à son lit et écarta les rideaux. La grand-mère était là, couchée, avec son bonnet, qui lui cachait presque toute la figure, et elle avait l’air si étrange. (Grimm) – Gustave Doré, parmi les trois illustrations qu’il a réalisées pour le «Petit Chaperon rouge», a choisi entre autres de représenter la fameuse scène du lit, fortement chargée d’interprétation symbolique: le petit chaperon se déshabille, et va se mettre dans le lit, où elle fut bien étonnée de voir comment sa mèregrand était faite en son déshabillé. (C. Perrault) 6. a) Les illustrations 2, 3 et 4 montrent la fillette revêtue de rouge : – Sur le dessin de Rakham, elle est représentée revêtue de la traditionnelle cape rouge, petit chaperon rouge qui lui seyait si bien. (C. Perrault) – Sur l’illustration 3, son habit rouge s’est modernisé, reflétant la mode des années 1930 : robe courte à col blanc et chaussettes. – Sur l’illustration 4, la fillette est habillée en petite paysanne délurée : corset noir, large jupon rouge bordé de noir, chapeau à plume, bas et sabots rouges. Sur les images 2, 3 et 4, on la voit avec son panier, sa galette, des fleurs, une bouteille. (Grimm) Le loup, lui, est représenté coiffé du bonnet de nuit, sur les illustrations 1, 2, 3, et installé dans le lit. b) Doré et Rackham présentent un loup effrayant. – Le cadrage choisi par Gustave Doré pour représenter la scène du lit met en valeur le contraste entre les deux personnages. On sera sensible à l’agressivité de l’animal, aux griffes sorties et au

regard cruel fixant l’enfant à côté de lui. La fillette ne porte plus son chaperon mais un bonnet léger, ses cheveux sont dénoués. Elle se protège avec le drap et paraît à la fois intriguée et effrayée. Le spectateur est dans l’attente d’un dénouement brutal. – Dans l’illustration de Rackham, on remarquera la construction en diagonale qui met l’enfant en contrebas et en position de faiblesse face à ce loup dominateur aux pattes d’ours et aux canines pointues. Les lunettes ajoutent une note de réalisme tout en matérialisant le regard avide de l’animal. Le regard de l’enfant est timide et apeuré. Rien de tel dans les illustrations de Lindman et de Lorioux qui choisissent un parti-pris plus fantaisiste donc moins dramatique : – Dans l’illustration de Lindman, le petit chaperon rouge paraît, au seuil de la maison, étonné. Le loup la regarde mais le spectateur ne peut pas vraiment discerner la nature de son regard puisque l’animal a la tête à moitié tournée. – Sur l’illustration de Lorioux, le petit chaperon rouge affiche une mine rayonnante : la fillette tout à la fois délurée, espiègle et insouciante passe devant un loup qui la dévore des yeux. Mais ce regard jaune (d’envie) n’a rien d’inquiétant, il fait plus penser à celui d’un enfant devant la vitrine d’un pâtissier… 7. a) Les couleurs rouge et noir renvoyant respectivement à l’enfant et au loup marquent de façon constante l’opposition entre les deux personnages. On peut voir dans le rouge un renvoi à la féminité, au désir, à la joie de vivre, dans le noir un renvoi à la mort… b) La position de domination du loup est traduite par des moyens différents selon les images : – Sur l’illustration 1, les deux personnages sont au même niveau, mais le loup impose sa présence : le haut de son corps est penché vers la fillette qui montre une attitude de retrait. – Sur l’illustration 2, le loup est en surplomb par rapport à la fillette, son regard plongeant écrase l’enfant. – Sur l’illustration 3, le loup est au premier plan. Sa situation le met, de fait, en position de force. Le spectateur est placé à l’intérieur de la chambre, adoptant le point de vue de l’animal, et se prépare à voir la fillette « tomber dans la gueule du loup ». – Sur l’illustration 4, Lorioux joue sur la taille. Rien de réaliste, mais un loup à la tête énorme qui a repéré une toute petite fille. 8. a) Les illustrations de Gustave Doré et d’Arthur Rackham sont inquiétantes, elles cherchent à créer une atmosphère étrange et oppressante, mettant l’accent sur le caractère dramatique de l’histoire. Les illustrations 3 et 4 tendent au contraire à dédramatiser l’histoire. Lorioux, notamment, présente une version iconographique du « Petit Chaperon rouge » inédite, empreinte de malice et de joie de vivre.

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➜ P R O L O N G E M E N T S ➜

ACTIVITÉS

DE

LECTURE

Livre de l’élève p. 40-43

1 Contes d’hier et d’aujourd’hui 1 à 5. Dans l’ouvrage définitif figureront toutes les réponses aux questions des différentes rubriques.

Auteur

« Aladin »

« La Belle et la Bête »

« Le vilain « La légende petit canard » des échecs »

anonyme

Madame Leprince de Beaumont

Hans Christian Andersen

Michel Tournier Roald Dahl

France

Danemark

France

Angleterre

Pays, contrée Orient (Perse) d’origine

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« Le petit Chaperon rouge »

Époque

Xe siècle

XVIIIe siècle

XIXe siècle

XXe siècle

XXe siècle

Langue d’origine

arabe

français

danois

français

anglais

Personnages

Aladin prisonnier dans une grotte, en sort par magie.

La Belle épouse Un petit canard la Bête qui souffre de sa s’avère être un différence. beau jeune homme.

Un roi qui s’ennuie lance un concours et promet une récompense.

Le petit chaperon rouge et le loup qui s’apprête à manger l’enfant

Éléments merveilleux

Apparition d’un génie

Métamorphose Animaux de la Bête, qui parlent référence à une fée

Aucun

Animal qui parle

Fonction du conte

Moral

Initiatique : départ du personnage

Explicatif : l’origine du jeu d’échecs

Parodie du conte d’avertissement: le petit chaperon rouge tue le loup d’un coup de revolver et s’habille d’un manteau en peau de loup.

Valeurs

La Belle a été récompensée pour sa piété filiale, sa bonté envers la bête, sa fidélité, son souci de dépasser les apparences.

Le droit à la différence ; une critique de ceux qui s’attachent à l’apparence

L’intelligence, et une mise en garde contre le manque de perspicacité

Outils ➜

ACTIVITÉS

LEXICALES

2 Identifier le sens de deux suffixes

Livre de l’élève p. 45 3 Le lexique du bien et du mal

1. Pour les enfants qu’il a eus d’un premier mariage, une marâtre est la femme du père (synonyme de belle-mère). Dans une acception péjorative (c’est le cas dans les contes), la marâtre désigne une mauvaise mère. Une ogresse est le féminin du mot ogre (souvent femme de l’ogre, ou fille de l’ogre). 2. Le suffixe -âtre est péjoratif ; le suffixe -esse est un suffixe qui marque simplement le féminin.

1. Méchant / gentil ; menteur / franc, sincère, vrai ; égoïste / généreux ; malfaisant / bienfaisant ; malhonnête / honnête ; ingrat / reconnaissant ; intolérant / tolérant. 2. mensonge / franchise, sincérité, vérité ; égoïsme / générosité ; malfaisance / bienfaisance ; malhonnêteté / honnêteté ; ingratitude / reconnaissance ; intolérance / tolérance.

3. pauvresse, diablesse, vengeresse, teint jaunâtre, verdâtre, voix enchanteresse, femme traîtresse.



L E C T U R E

B I L A N

:

Jacob et Wilhelm Grimm, « Les petits nœuds » 1. Les auteurs du conte sont les frères Grimm. Le conte a été écrit en allemand. 2. Le conte commence par une formule traditionnelle d’ouverture : ll était une fois. b)

É V A L U A T I O N Livre de l’élève p. 47

3. a) Les deux femmes en présence sont une demoiselle et sa servante. Toutes deux s’occupent à filer.

La demoiselle

La servante

Désignations

la jolie paresseuse, sa maîtresse, la fiancée, l’une, la demoiselle, sa fiancée

La jeune servante active, l’autre, la fille pauvre

Caractérisations

fort jolie, assez paresseuse, plutôt négligente, impatiente

fille active, courageuse

Ce relevé montre que les deux femmes s’opposent: – par leur condition sociale : l’une est maîtresse, l’autre servante (signaler le sens originel de demoiselle, féminin de damoiseau) ; – par leur caractère et leur façon de travailler (l’une est paresseuse, l’autre est active ; l’une est impatiente, l’autre est patiente ; l’une est négligente, l’autre soigneuse). 4. L’événement qui doit être célébré est le mariage de la demoiselle. Les paroles prononcées par la demoiselle à sa servante sont plutôt méchantes (mépris pour la servante qui ne vit que de restes). 5. a) Le fiancé ne comprend pas le sens de ces paroles (le mot drôles est à prendre dans le sens étranges). La fiancée lui raconte l’origine de la robe

de la servante, faite de petits nœuds jetés par la demoiselle, d’où le titre. b) En écoutant ce récit, le fiancé compare les deux jeunes femmes (l’une est paresseuse et négligente, l’autre est appliquée et soigneuse). 6. Le dénouement est présenté dans la dernière phrase: le fiancé décide d’épouser la servante malgré sa condition sociale, pour ses qualités morales (on remarque qu’à aucun moment il n’est indiqué que la servante est belle, contrairement à la demoiselle). 7. Leçon : les qualités morales l’emportent sur la condition sociale et sur la beauté. Le titre du conte fait référence aux petits nœuds de fil jetés par la demoiselle et récupérés par sa servante, laquelle est la seule à se montrer économe et courageuse.

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FICHES OUTILS G R A M M A I R E

22 Les fonctions liées au verbe : le sujet Livre de l’élève p. 352-355

L’étude de la fonction sujet semble pertinente dans une séquence sur le conte. Tout d’abord par rapport à la progression annuelle: le conte s’étudie au début de l’année et c’est à ce moment qu’il convient de revenir sur la fonction sujet qui est une des fonctions les plus familières aux élèves. Ensuite, parce que c’est une fonction importante, liée au verbe. Enfin, l’étude de cette fonction permet de poser le héros du conte comme sujet de l’action, qu’il soit agent (il fait l’action) ou patient (il subit l’action).



ACTIVITÉS

D ’ O B S E RVAT I O N

1. a) Le texte est extrait d’un conte des frères Grimm, «Jeannot et Margot» (variante du Petit Poucet).

– Le sujet peut être éloigné du verbe par exemple dans la phrase : les graviers blancs, devant la maison, étincelaient comme des diamants.

b) Les personnages sont la mère et les deux enfants. Les parents ont projeté de se débarrasser des enfants.

6. il se leva, enfila ses habits, ouvrit la porte et se glissa dehors: plusieurs verbes juxtaposés (ou coordonnés) peuvent avoir le même sujet (ici le pronom il). Le sujet peut effectivement ne pas être répété pour des effets stylistiques.

2. Le sujet peut être un nom propre (Jeannot), un groupe nominal (La lune, les graviers blancs, le jour, la femme réveilla), un pronom (il, lui-même). 3. a) Jeannot et la femme sont en position de sujet. On peut reconnaître le sujet en l’encadrant de la tournure c’est… qui, ce fut… qui : ce fut Jeannot qui se pencha ; ce fut la femme qui réveilla… b) Dans les deux cas le sujet est l’agent de l’action (fait l’action). 4. Si l’on remplace il par un sujet pluriel, la phrase devient ils rentrèrent dans la maison. Le verbe passe du singulier au pluriel. On en déduit que le sujet commande l’accord du verbe. 5. Le sujet est placé en général avant le verbe. – Le sujet peut être placé après le verbe (sujet inversé) : Jeannot (dit Jeannot) ; le jour (Quand vint le jour). L’inversion obligatoire relève de facteurs syntaxiques (propositions incises, phrase interrogative) ; l’inversion facultative relève de facteurs stylistiques (effet d’expressivité et de mise en relief). On trouve souvent la postposition du sujet après les verbes de mouvement indiquant la survenue d’un événement (Vint la nuit).

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Le texte d’observation est un extrait des Contes de Grimm, « Jeannot et Margot » ; les textes supports des exercices sont un extrait d’Alice au pays des merveilles et un extrait du Petit Prince ; l’évaluation porte sur un extrait de conte brésilien, La Yara. Parallèlement, on révisera les règles d’accord du verbe avec le sujet. La fiche d’orthographe est constituée d’un corpus de phrases à observer. Ces phrases, issues du conte, présentent des accords réguliers ou difficiles. Une leçon récapitule les principales règles, elle est suivie d’exercices d’application.

7. Ne t’en fais pas (l. 1). Le verbe manger est conjugué à l’impératif. Ce mode exclut l’expression du sujet. 8. a) Relevé des verbes et de leur sujet : furent endormis : sujet les parents ; ● se leva, enfila, ouvrit, se glissa: sujet il (Jeannot); ● brillait : sujet La lune ; ● étincelaient : sujet les graviers blancs ; ● se pencha, mit, put, rentra, dit: sujet Jeannot, il; ● se recoucha : sujet lui-même. On observe que dans l’ensemble de ces phrases, le sujet est en position de thème : cela permet au narrateur d’indiquer les agents de l’action (les parents et Jeannot) et le cadre (la lune, les graviers). Le sujet dominant des verbes d’action est Jeannot repris par les pronom il et lui-même ; Jeannot est agent de l’action. ●

b) Le personnage de la mère (la femme) revêt ensuite la position de sujet et en même temps d’agent de l’action. À ce stade du récit, elle déclenche l’action: c’est elle qui met le plan d’abandon à exécution.

Outils c) Les élèves connaissent, en général, l’histoire du Petit Poucet : ils n’auront aucune difficulté à faire le rapprochement entre les deux contes ; ils noteront peut-être les différences (miettes de pain, cailloux / présence du frère et de la sœur, mise en



avant du plus jeune des enfants). Ils imagineront facilement le drame qui va se nouer : la femme et son mari vont abandonner les enfants dans la forêt. Jeannot va être le héros de ce conte. Sa position de sujet dans la plupart des phrases atteste de cette fonction principale.

S’EXERCER

1 Identifier les sujets et leur classe Livre de l’élève p. 354

Extrait 1 1. a) Verbe

Sujet

Classe grammaticale

heurta

sa tête

nom

mesurait

elle

pronom

saisit

Elle

pronom

se précipita

(elle)

réussit

elle

était

infinitif : passer

s’assit

elle

se remit

(elle)

b) Les verbes qui ont un sujet commun sont les verbes saisit et se précipita (sujet: elle) dans le premier paragraphe, les verbes s’assit et se remit dans le second paragraphe (sujet : elle).

pronom

pronom

2. L’observation des sujets montre que c’est le personnage d’Alice, héroïne du conte, qui occupe la position de sujet en même temps qu’elle est agent de l’action. C’est bien elle qui tient le premier rôle.

Extrait 2 1.

Verbe

Sujet

Classe grammaticale

enfourcha

Il

pronom

donna

(il)

s’éleva

le balai

nom

fouettait

qui

pronom relatif

réveilla

L’air frais du matin

groupe nominal

procura

Retrouver le terrain

infinitif

s’éleva

il

pronom

tourna

(il)

demanda

Fred

2. a) Il est le sujet commun des verbes enfourcha, donna. Il est le sujet commun des verbes s’éleva, tourna.

nom propre b) On trouve un sujet inversé dans la proposition incise demanda Fred : il s’agit d’une inversion obligatoire (contrainte syntaxique).

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Grammaire 22 2 Analyser les sujets inversés Livre de l’élève p. 354

1.

Le sujet inversé est facultatif dans l’expression Et gronda, en sens inverse, un second rapide illuminé. Le verbe est mis en valeur en tête de phrase. 3. Cas de sujets séparés du verbe : – Et un rapide illuminé, grondant comme le tonnerre, fit trembler la cabine d’aiguillage (sujet, participe épithète détachée, verbe). Et gronda, en sens inverse, un second rapide illuminé (verbe, complément circonstanciel, sujet inversé).

Sujets inversés

Verbes

l’aiguilleur

dit

tu

fais

le petit prince

dit

l’aiguilleur

dit

le petit prince

dit

ils

cherchent

l’aiguilleur

dit

Un second rapide

gronda

le petit prince

demanda

l’aiguilleur

dit

3 Écrire Livre de l’élève p. 354

2. Sont indiqués en gras dans le tableau les sujets inversés obligatoires: propositions incises et phrase de type interrogatif.

Un jour un roi chassait dans la forêt. Le soir venu il s’était perdu. Il rencontra alors une vieille femme; or c’était une sorcière. « Bonne femme, lui dit-il, pouvez-vous me montrer le chemin du château ? » Elle accepta à la condition qu’il épouse sa fille et que par ce mariage elle devienne reine. Le roi y consentit. La vieille le conduisit à une maisonnette. Une jeune fille était assise près de la cheminée. Elle était belle mais on ne pouvait la regarder sans un certain effroi. Le roi la mena sur son cheval jusqu’au château où furent célébrées les noces.

4 Évaluation Livre de l’élève p. 355

1. Les personnages sont Alonzo et Julia. Ils sont fiancés. 2.

Verbe

Sujet

Classe grammaticale

arriva

un jeune homme nommé Alonzo

groupe nominal

eut lieu

la fête traditionnelle du village

groupe nominal

venait

certains

pronom

étaient vêtus

(certains)

aperçut

Il

pronom

allait voir

Alonzo

nom propre

passait

(Alonzo)

volaient

des oiseaux-mouches et des perroquets multicolores

groupe nominal

as fait

tu

pronom

demanda

elle

pronom

3. a) Les sujets inversés sont des oiseaux-mouches et des perroquets multicolores, tu, elle. L’inversion est obligatoire dans la phrase de type interrogatif (Qu’as-tu fait) et dans l’incise (demanda-t-elle). b) Le sujet est commun à deux verbes dans les phrases : – Alonzo allait voir Julia dans sa maison ornée de fleurs et de vignes, et passait… (sujet : Alonzo).

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– Certains venaient de très loin, à cheval, à pied, étaient vêtus de robes rouges ou bleues… (sujet : Certains). 4. Réécriture : Qu’as-tu fait hier soir en rentrant chez toi ? lui demandèrent-elles un soir, parce qu’elles le trouvaient différent des autres soirs. 5. Le personnage en position de sujet est Alonzo (le jeune homme, Alonzo, Il). Il se trouve aussi en position d’agent. Il apparaît comme le personnage principal du conte.

Outils ORTHOGRAPHE

32 Le féminin et le pluriel des noms Livre de l’élève p. 388-389



ACTIVITÉS

D ’ O B S E RVAT I O N

Les élèves pourront observer quelques exemples de formations de féminins et de pluriels. Corpus A 1. règle générale et mots en -e. 2. mots en -oux et en -eur. 3. mots en -er. 4. mots en -on ou -ien. 5. féminin différent du masculin. 6. mots en f et p.



Corpus B 1. règle générale du pluriel. 2. mots en -x ou terminés par un -s 3. mots en -eu, -au, -eau. 4. mots en -al. 5. mots en -ou et en -ail. 6. mots composés de deux adjectifs (des rougesgorges), d’un verbe et d’un complément (des portemanteaux), d’un mot invariable et d’un nom (des sous-marins, des arrière-boutiques).

S’EXERCER

1 Former les féminins Livre de l’élève p. 389

a) Les animaux entraient par couples dans l’arche de Noé: le lion et la lionne, le cheval et la jument, le singe et la guenon, le canard et la cane, le mouton et la brebis, le chameau et la chamelle, l’âne et l’ânesse, le tigre et la tigresse, le coq et la poule, la dinde et le dindon, le cerf et la biche. b) Quand ma mère était petite, elle voulait, selon les jours, devenir : avocate, actrice, infirmière, artiste, mannequin, directrice, pharmacienne, danseuse, caissière, dessinatrice, maquilleuse, peintre, factrice.

2 Former les pluriels Livre de l’élève p. 389

a) Journaux, tribunaux, travaux, rivaux, hôpitaux, locaux, bals, coraux, vitraux, cristaux, genoux, coqs, chacals, gaz, trous. b) Elle aimait aller au marché. Les légumes s’entassaient sur les étalages : les choux-fleurs, les salades, les pommes de terre, les haricots, les poireaux, les céleris, les oignons, les épinards.

Les fruits étaient empilés : les mirabelles, les pruneaux, les reines-claudes, les fraises, les cassis, les bananes, les noix, les noisettes, les oranges. Elle s’arrêtait devant la boulangerie et regardait les mille-feuilles, les babas, les choux à la crème, les quatre-quarts, les madeleines, les sablés, les clafoutis, les flans, les bocaux emplis de gâteaux secs. c) Ils regardèrent les grille-pain, les tire-bouchons, les tourne-broches, les presse-citrons, les lave-vaisselle, les pèse-personnes, les presse-purée, les épluche-légumes.

3 Jouer avec les mots Livre de l’élève p. 389

1. hiboux, poux, choux, genoux, bijoux, cailloux, joujoux, hiboux, genoux, Zoulous, Andalous, bambou, Moscou, Tombouctou, Anjou, Poitou, Pérou, Mandchous, fous. 2. Le poète joue avec la sonorité [ou] et s’amuse avec les règles d’orthographe : il a introduit dans son poème la liste des noms en -ou qui font leur pluriel en x, faisant exception à la règle générale ; il a introduit également d’autres mots terminés par -ou, qu’il s’agisse de noms propres ou de noms communs.

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